Patrice Laffont : collaboration difficile avec Louis de Funès

7 août 2026 marque le deuxième anniversaire de la disparition de Patrice Laffont, décédé à l’âge de 84 ans. Pour le grand public, il reste associé à des émissions cultes comme Des chiffres et des lettres, Fort Boyard ou Pyramide, mais sa carrière débute au cinéma, avec un rôle notable dans Le Gendarme de Saint-Tropez (1964), une expérience qui a laissé des souvenirs contrastés entretenus par ses propres témoignages.

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Avant de s’imposer comme animateur, Patrice Laffont était un comédien en formation. À 24 ans, élève aux Cours Furet, il est choisi par le réalisateur Jean Girault pour interpréter Jean‑Luc, le petit ami de Nicole Cruchot. Le rôle représente pour lui une opportunité professionnelle importante, malgré un cachet qu’il qualifiait plus tard de modeste : quelque 2 000 francs pour l’ensemble du tournage.

Le tournage, qui se déroule plusieurs semaines à Saint‑Tropez puis dans les studios de Nice, offre une ambiance de colonie de vacances pour les jeunes comédiens : plages, soirées et sorties dans la région. Ces moments de relâchement entrent en tension avec l’exigence de la vedette du film, Louis de Funès, et de la production, rappelle Laffont dans des entretiens accordés à la presse.

Un tournage marqué par des tensions avec Louis de Funès

Dans les récits de Patrice Laffont, relayés notamment par Le Parisien et Télé Star, la relation avec Louis de Funès est restée difficile. Laffont explique que l’acteur principal « ne nous disait pas bonjour » et reprochait aux jeunes comédiens un manque de discipline, alors même que la jeunesse de la troupe favorisait des moments de détentes fréquents entre deux scènes.

Le contraste est d’autant plus net avec d’autres membres du casting. Laffont évoque la bienveillance de Michel Galabru, « adorable » et prodiguant conseils et soutien aux plus jeunes. De son côté, de Funès est décrit comme perfectionniste et très centré sur le travail, une posture qui a alimenté les frictions sur le plateau.

Ces tensions ont des conséquences concrètes sur le tournage : l’exposition au soleil posait des problèmes techniques — des peaux bronzées compliquaient le travail des maquilleurs — et la troupe s’attirait parfois des reproches pour ses comportements. Les jeunes acteurs ont même emprunté des véhicules de production pour des excursions autour de Ramatuelle, entraînant l’accident de deux véhicules, un épisode évoqué par Laffont lors d’interviews ultérieures.

Sur le plan professionnel, l’expérience comporte aussi une déception : lors de la projection officielle du film, Patrice Laffont constate que son nom n’apparaît pas au générique. Le producteur promet une rectification qui, selon Laffont, ne sera jamais réalisée. Dans la suite de la série, le personnage de Jean‑Luc n’est plus présent, alors que dans le premier film il est montré installé avec Nicole et leurs jumeaux.

Après cette parenthèse cinématographique, Patrice Laffont réoriente sa carrière vers la télévision : il prend la présentation de Des chiffres et des lettres en 1972, puis s’impose comme une figure du petit écran grâce à des formats tels que Fort Boyard et Pyramide.

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