Au Gabon, la liste des 1 473 radiations de la fonction publique restera confidentielle

Laurence Ndong refuse de rendre publics les noms liés aux 1 473 radiations prononcées après le contrôle de la fonction publique gabonaise. La ministre invoque la protection des familles et détaille une opération portant sur 1 765 dossiers.

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Brice Clotaire Oligui Nguema, Président du Gabon
Brice Clotaire Oligui Nguema, Président du Gabon PH: DR
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La ministre gabonaise de la Fonction publique, Laurence Ndong, a confirmé mardi 22 septembre 2026 que les noms associés aux 1 473 radiations prononcées après le contrôle des effectifs de l’État ne seront pas rendus publics. Elle a présenté à Libreville les conclusions d’une commission qui a examiné 1 765 situations dans 37 ministères.

Cette sortie répond aux réactions suscitées par l’ampleur du chiffre. Laurence Ndong estime que la publication de la liste exposerait inutilement les personnes concernées et leurs familles. Elle a distingué une faute professionnelle d’un crime, tout en maintenant les conséquences administratives décidées au terme du contrôle. Plusieurs agents ont été localisés à l’étranger grâce au croisement des données avec les services de documentation et d’immigration, tandis que d’autres restent introuvables.

La Commission exceptionnelle des litiges a instruit les dossiers du 8 juin au 24 juillet. Sur les 1 765 situations examinées, 1 162 relevaient de la solde permanente et 603 de la main-d’œuvre non permanente. Le rapport, adopté en Conseil des ministres le 18 septembre, retient 1 473 radiations. Il recense notamment 699 abandons de poste, mais aussi des départs à la retraite, des décès, des ruptures de contrat, des situations de présalaire et d’anciens membres de cabinets.

L’examen ne s’est pas limité aux exclusions. Cent quinze agents ont été réhabilités avec une sanction, comme un blâme, un avertissement ou une mise en disponibilité. Cent soixante-dix-sept autres ont obtenu une réhabilitation ou une régularisation sans sanction, notamment lorsque des congés de longue maladie ou des détachements non déclarés expliquaient leur absence du fichier actif.

L’Éducation nationale concentre 384 dossiers, dont 269 abandons de poste. La Santé suit avec 222 situations, parmi lesquelles 158 abandons, devant l’Économie et les Finances, qui totalise 111 dossiers. Selon les chiffres présentés par la ministre, 1,905 milliard FCFA doit être reversé aux caisses de l’État et 9,413 milliards FCFA de salaires ont été suspendus entre février 2025 et juin 2026. L’impact financier cumulé atteint 11,319 milliards FCFA.

La commission a également relevé des absences tolérées, des actes antidatés, des signatures hors compétence et des recrutements effectués sans le visa des directions des ressources humaines. Laurence Ndong a averti que les responsables de ces irrégularités pourront être sanctionnés. Les postes budgétaires libérés doivent servir en priorité aux agents publics dont la situation administrative attend encore une régularisation.

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