Xénophobie en Afrique du Sud : le Nigeria pousse pour une réponse de l’UA

Le Nigeria veut obtenir une réponse coordonnée de l’Union africaine face aux attaques et intimidations xénophobes visant des ressortissants africains en Afrique du Sud, après avoir déjà porté le dossier devant l’organisation continentale fin août.

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Afrique du Sud: marche xénophobe contre les étrangers, le pouvoir Ramaphosa sous pression
Afrique du Sud: marche xénophobe contre les étrangers, le pouvoir Ramaphosa sous pression
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Le Nigeria veut obtenir une réponse coordonnée de l’Union africaine face aux violences et intimidations xénophobes visant des ressortissants africains en Afrique du Sud. Son haut-commissaire par intérim à Pretoria, Temitope Ajayi, a indiqué que le pays comptait remettre le dossier à l’agenda du prochain sommet de l’UA après des consultations avec d’autres États africains concernés.

Cette démarche prolonge une offensive diplomatique déjà engagée. Le 31 août, le président Bola Tinubu avait formellement soulevé la question devant l’Union africaine, par l’intermédiaire du vice-président Kashim Shettima, lors d’une session extraordinaire de l’organisation à Luanda. Abuja avait alors appelé à une action collective contre la xénophobie et l’afrophobie, tout en reconnaissant le droit de Pretoria à faire appliquer sa législation migratoire.

La pression nigériane s’est renforcée au fil de l’année. En mai, le gouvernement avait demandé à ses missions en Afrique du Sud de créer une cellule de réponse aux crises pour les ressortissants touchés par les attaques et les campagnes anti-étrangers. Le ministère nigérian des Affaires étrangères a ensuite annoncé en juillet avoir facilité le retour de 1 490 Nigérians depuis l’Afrique du Sud.

À Pretoria, les autorités rejettent officiellement toute légitimation des violences visant les étrangers. Le président Cyril Ramaphosa a rappelé en juin que seuls les agents publics habilités peuvent contrôler le statut migratoire d’une personne et qu’aucun groupe privé n’est autorisé à exiger des preuves de nationalité ou de séjour. Le gouvernement sud-africain dit vouloir sanctionner les actes de violence et d’intimidation tout en durcissant la lutte contre l’immigration irrégulière.

Un dossier désormais porté au niveau continental

Le ministère sud-africain des Relations internationales a également défendu, le 23 juillet, l’ouverture d’un dialogue continental sur les migrations et réaffirmé son rejet de la xénophobie, après des préoccupations exprimées par la CEDEAO. La question dépasse donc les relations bilatérales entre Abuja et Pretoria et touche désormais aux mécanismes africains de protection des ressortissants et de gestion de la mobilité.

Des institutions africaines avaient déjà tiré la sonnette d’alarme. En avril, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples avait exprimé sa vive préoccupation face à des violences et actes d’intimidation visant des étrangers africains en Afrique du Sud. Plusieurs épisodes ont depuis alimenté les tensions, dont des actions de groupes anti-immigration et des affrontements à Durban.

Le prochain objectif d’Abuja est d’obtenir une approche commune avec d’autres pays dont les ressortissants ont été touchés. Temitope Ajayi a expliqué que ces consultations devaient précéder une nouvelle initiative au sommet de l’Union africaine, afin de déplacer le dossier d’une succession de réponses nationales vers une réponse continentale.

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