Tony Elumelu confronté à une forte dégradation des performances d’UBA au Nigéria
United Bank for Africa (UBA), présidé par le Nigérian Tony Elumelu, a subi en 2025 une forte dégradation de ses performances au Nigeria, tandis que ses filiales africaines, notamment en zone franc CFA, ont porté l’essentiel du résultat du groupe.

SOMMAIRE
Selon les états financiers audités de 2025, le marché domestique nigérian d’UBA a enregistré une nette détérioration de ses comptes. Le résultat avant impôt de la filiale nigériane est passé d’un bénéfice de 364 milliards de nairas en 2024 à une perte de 1,7 milliard de nairas en 2025, ce qui contraste avec la trajectoire de croissance précédemment affichée. La banque a été confrontée à des contraintes réglementaires accrues de la Banque centrale du Nigeria, à une hausse des provisions sur créances et à l’impact de la volatilité du naira sur ses activités domestiques. Cette situation a pesé sur la contribution du Nigeria au résultat consolidé du groupe.
Les rapports financiers publiés au fil de l’année montrent néanmoins que le groupe UBA a continué d’afficher un bénéfice net positif au niveau consolidé, avec une progression de ses résultats sur l’ensemble des marchés, malgré la dégradation du pôle nigérian. Au troisième trimestre 2025, le bénéfice net du groupe a atteint environ 538 milliards de nairas, pour un résultat avant impôts en légère baisse de 4,1%, à 578,6 milliards de nairas. Ces chiffres traduisent un effet de compensation entre la contre‑performance du Nigeria et la bonne tenue des autres filiales africaines.
Les filiales africaines en première ligne
Dans ce contexte, les filiales africaines d’UBA sont devenues le principal moteur de la rentabilité du groupe. La filiale ivoirienne est devenue en 2025 le premier contributeur africain au bénéfice avant impôt du groupe, devant le Cameroun, dans un environnement marqué par la dégradation des performances au Nigeria. Les entités de la zone franc CFA représentent un relais de croissance important, en dépit d’ajustements observés sur certaines d’entre elles, comme UBA Cameroun, qui a vu son bénéfice net reculer dans un contexte plus exigeant.
Des assemblées générales récentes confirment ces bonnes performances régionales, à l’image de UBA Burkina Faso, qui a annoncé pour l’exercice 2025 une hausse de 6,27% de son total bilan et une progression de 12,63% de son résultat net, à 17,79 milliards de FCFA. Ces résultats illustrent la solidité des fondamentaux de ces filiales dans un environnement macroéconomique pourtant contraint. Ils renforcent le rôle des marchés africains hors Nigeria dans l’équilibre et la diversification du groupe.
Les analyses publiées par plusieurs médias économiques soulignent de plus en plus la contribution spécifique des filiales de la zone franc CFA à la stabilité d’UBA. La parité fixe entre le franc CFA et l’euro, souvent au cœur de débats politiques, est présentée par certains comme un élément de visibilité monétaire apprécié par les groupes bancaires pan‑africains opérant dans cette zone. Cette stabilité relative contraste avec la volatilité du naira nigérian, fréquemment dévalué ou soumis à de fortes fluctuations.
Pour UBA, la montée en puissance des filiales hors Nigeria s’inscrit dans une stratégie de diversification géographique engagée de longue date. Les données financières récentes montrent une contribution croissante de ces marchés au total des actifs et au résultat du groupe. Cette évolution est commentée favorablement par plusieurs analystes et observateurs sur les réseaux professionnels, qui y voient un amortisseur des chocs macroéconomiques nationaux.
Tony Elumelu au cœur d’une nouvelle initiative franco‑africaine
Parallèlement à ces évolutions internes au groupe UBA, Tony Elumelu a été choisi par le président français Emmanuel Macron pour prendre la tête de la nouvelle Africa France Impact Coalition. Cette plateforme vise à rapprocher décideurs français et grands entrepreneurs africains, dans le cadre d’une refonte de la stratégie africaine de la France axée sur les partenariats avec le secteur privé et la création d’emplois.
La coalition doit être mise en avant lors du sommet « Africa Forward », consacré aux partenariats Afrique–France pour l’innovation et la croissance, prévu à Nairobi les 11 et 12 mai. Le choix de Tony Elumelu, à la tête d’un groupe bancaire présent dans une vingtaine de pays et fondateur d’un important programme de soutien à l’entrepreneuriat, est perçu comme un signal de la place donnée aux acteurs économiques africains dans ce nouveau dispositif.



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