Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara dissout la Commission Électorale Indépendante
Le président ivoirien Alassane Ouattara a décidé de dissoudre la Commission Électorale Indépendante (CEI), organe chargé depuis plus de vingt ans de l’organisation des scrutins en Côte d’Ivoire, a annoncé le gouvernement à l’issue du Conseil des ministres.

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Le gouvernement ivoirien a annoncé la dissolution de la Commission Électorale Indépendante à l’issue d’un Conseil des ministres présidé mercredi par le chef de l’État, Alassane Ouattara. Le porte‑parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a indiqué qu’un projet d’ordonnance portant dissolution de la CEI a été adopté. Il a précisé que cette décision s’inscrit dans le cadre d’une réforme du dispositif électoral. Le gouvernement affirme vouloir mettre en place un nouveau mécanisme de gestion des élections pour renforcer la confiance des acteurs dans le processus.
Amadou Coulibaly a aussi déclaré que la dissolution répond aux critiques récurrentes visant la CEI à l’issue du dernier cycle électoral. Des partis d’opposition et des segments de la société civile mettaient en cause l’impartialité de l’institution et la composition de ses organes. Le porte‑parole a expliqué que la future structure devra rassurer l’ensemble des parties prenantes. Il a évoqué un objectif d’« élections apaisées, transparentes et crédibles » lors des prochains scrutins.
Une institution centrale depuis plus de vingt ans
Créée par la loi de 2001, la CEI supervisait l’organisation des élections en Côte d’Ivoire depuis la fin du régime militaire. Elle a piloté les principaux scrutins présidentiels, législatifs et locaux des deux dernières décennies. La commission se trouvait régulièrement au cœur des débats politiques, notamment lors des crises électorales passées. Les autorités défendaient jusqu’ici son rôle en dépit des critiques de l’opposition.
Lors de la dernière élection présidentielle d’octobre 2025, la CEI avait proclamé la réélection d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat avec près de 90% des suffrages. Ce scrutin avait été contesté par une partie de l’opposition qui dénonçait un contexte défavorable et des déséquilibres dans l’appareil électoral. La dissolution intervient quelques mois après la fin de ce cycle électoral. Le gouvernement la présente comme une réponse aux « nombreuses critiques et réserves » exprimées depuis.
Le gouvernement n’a pas encore détaillé l’architecture du futur organe qui remplacera la CEI. Amadou Coulibaly a indiqué que des délibérations sont en cours pour définir la structure appelée à se substituer à la commission dissoute. Il a mentionné une mise en place « dans les prochains jours » d’un nouvel organe en charge de l’organisation et de la supervision des élections. Aucun calendrier précis n’a été rendu public pour l’instant.
Les autorités soulignent que la réforme doit permettre d’améliorer la transparence et de consolider la stabilité du pays à l’approche des prochaines échéances. Elles indiquent que des consultations sont prévues avec les forces politiques et les acteurs concernés. Les modalités de ces consultations n’ont pas encore été détaillées.
Réactions attendues de l’opposition
Les partis d’opposition reprochent depuis de nombreuses années à la CEI un manque d’indépendance. Ils estiment que sa composition favorisait la coalition au pouvoir. Ces critiques avaient été rejetées par le camp présidentiel jusqu’ici. La dissolution pourrait relancer le débat sur la nature et la composition du futur organe électoral.
À ce stade, les réactions détaillées de l’opposition n’étaient pas encore toutes disponibles en fin de journée. Certains responsables saluent un geste qu’ils jugent tardif, tout en se montrant prudents sur les intentions du pouvoir. D’autres demandent des garanties claires sur la neutralité de la future structure avant les prochaines élections.



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