Dangote Cement : un chiffre d’affaires de 1 198 milliards de nairas, en hausse de 20,4 % au premier trimestre 2026
Le géant cimentier nigérian a publieé des résultats trimestriels en forte hausse — 1 198 milliards de nairas de chiffre d’affaires, un résultat net qui bondit de plus de 50 % — confirmant la robustesse de son modèle. Mais derrière la performance globale, le groupe doit composer avec des marges sous pression hors de son marché domestique et un Cameroun en repli.

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Dangote Cement a publié le 29 avril 2026 ses résultats du premier trimestre, et les chiffres confirment la trajectoire ascendante du leader cimentier africain. Le chiffre d’affaires s’établit à 1 198 milliards de nairas, en progression de 20,4 % sur un an, tandis que les volumes consolidés atteignent 7,5 millions de tonnes, en hausse de 13,8 %.
Les indicateurs de rentabilité sont encore plus spectaculaires. L’EBITDA — résultat opérationnel avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements — grimpe de 22,8 % pour s’établir à 567,1 milliards de nairas, soit une marge opérationnelle de 47,3 %. Quant au résultat net, il bondit de 53,5 % pour atteindre 321,1 milliards de nairas, illustrant l’effet de levier d’une croissance des ventes combinée à une discipline stricte sur les coûts.
Le directeur général Arvind Pathak a salué ce démarrage d’année, mettant en avant à la fois la solidité du modèle opérationnel du groupe, la maîtrise des charges et la montée en puissance des exportations depuis le Nigeria — qui ont bondi de 71,6 % sur le trimestre, avec une dizaine d’expéditions réalisées.
Le Nigeria, locomotive incontestée
Sans surprise, le marché domestique reste le moteur de la profitabilité du groupe. Le chiffre d’affaires y progresse de 23,8 % pour atteindre 861,8 milliards de nairas, soit près des trois quarts des ventes consolidées. L’EBITDA local grimpe de 33,1 % et la marge opérationnelle y atteint un niveau remarquable de 61 %, contre 47,3 % au niveau du groupe — preuve que le Nigeria continue de générer une rente cimentière considérable. Les volumes y progressent de 11,5 % à 4,9 millions de tonnes.
C’est aussi depuis le Nigeria que se déploie la stratégie d’expansion régionale du groupe. Les exportations vers le Cameroun et le Ghana ont atteint 378 200 tonnes, en progression de 58,8 %, tandis que les expéditions totales de ciment et de clinker depuis le territoire nigérian se sont élevées à 549 600 tonnes, en hausse de 71,6 %. Au cours du trimestre, dix cargaisons de clinker ont quitté le Nigeria à destination du Ghana et du Cameroun, confirmant la place croissante des flux intra-africains dans la stratégie commerciale de Dangote Cement.
Le tableau est plus contrasté sur les autres marchés africains du groupe. Les volumes y progressent vigoureusement, de 19,5 %, pour atteindre 2,9 millions de tonnes, et le chiffre d’affaires s’inscrit en hausse de 14,7 % à 370 milliards de nairas. Mais la rentabilité accuse le coup : l’EBITDA recule de 22,5 % à 59,3 milliards de nairas. Le groupe pointe un environnement de coûts plus élevés et des conditions de marché contrastées, malgré une demande globalement soutenue par les dépenses publiques et les chantiers d’infrastructures.
Trois pays tirent particulièrement la croissance des volumes hors Nigeria : l’Éthiopie, la Tanzanie et la Zambie, qui affichent des progressions supérieures à 15 %. La Côte d’Ivoire fait également une entrée remarquée dans les comptes du groupe, avec la mise en service d’une nouvelle unité de broyage qui a produit 146 300 tonnes sur le trimestre. Cette nouvelle capacité contribue à porter le total installé du groupe à 55 millions de tonnes par an, consolidant son statut de premier cimentier du continent.
Le cas camerounais : une exception à surveiller
Le Cameroun fait toutefois figure d’exception dans une géographie globalement porteuse. Sur le trimestre, les volumes y reculent de 15,8 %, à 300 000 tonnes. Plusieurs facteurs convergent pour expliquer ce repli : un ralentissement post-électoral, des retards dans l’exécution des projets publics et un tassement de l’activité dans le secteur de la construction. Le groupe se veut néanmoins rassurant, soulignant la stabilité macroéconomique du pays — avec une inflation contenue autour de 2,5 % — et anticipant un rebond porté par la relance des investissements publics dans les prochains mois.
Cette contre-performance camerounaise, à mettre en regard de la forte hausse des exportations nigérianes vers ce même pays, illustre la complexité des dynamiques cimentières en Afrique centrale, où le clinker importé peut momentanément se substituer à la production locale lorsque celle-ci ralentit.
Au-delà des performances opérationnelles, c’est aussi le bilan du groupe qui s’améliore. La trésorerie disponible atteint 504,8 milliards de nairas, tandis que la dette nette recule à 114 milliards de nairas — un niveau particulièrement bas pour un industriel de cette taille. Cette consolidation financière s’appuie sur un cash-flow opérationnel généré sur le seul premier trimestre de 591,3 milliards de nairas, qui donne au groupe une marge de manœuvre considérable pour financer ses projets d’expansion sans recours massif à l’endettement.



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