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Belgique : la chanteuse malienne Rokia Traoré condamnée avec sursis dans un litige de garde d’enfant

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné mercredi 6 mai la chanteuse et guitariste malienne Rokia Traoré, 52 ans, à deux ans de prison avec sursis dans un litige de garde l’opposant depuis 2019 au père de sa fille, le dramaturge et metteur en scène belge Jan Goossens, 54 ans, ancien directeur artistique du KVS (Théâtre royal flamand de Bruxelles). L’artiste était poursuivie pour non-représentation d’enfant. Ni la mère ni le père n’étaient présents à l’énoncé du jugement.

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La chanteuse Rokia Traoré condamnée à de la prison avec sursis en Belgique dans un litige de garde d'enfant
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Le litige porte sur la garde de la fille du couple, née en 2015. Jan Goossens affirme avoir été privé de l’enfant de manière quasi ininterrompue depuis l’automne 2019, quand elle avait quatre ans. L’affaire a basculé du civil au pénal parce que Rokia Traoré n’a pas respecté les premières injonctions d’un juge de la famille belge, qui avait ordonné en juin 2019 un droit d’hébergement d’un mois au profit du père.

En octobre 2019, Jan Goossens a obtenu la garde exclusive de sa fille. La chanteuse a alors fait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt européens. Rokia Traoré avait déposé en mars 2019 une plainte pour attouchements sexuels sur l’enfant visant le père — cette plainte a été classée sans suite par la justice belge. La défense a indiqué lors de l’audience de mars 2026 ne pas vouloir revenir sur ce volet.

Condamnée par défaut en 2023, rejugée en 2026

L’artiste avait déjà été condamnée par défaut en octobre 2023, en son absence, à deux ans de prison ferme pour séquestration et non-représentation d’enfant. Elle a fait opposition à ce jugement et a été rejugée le 3 mars 2026 devant le même tribunal, pour les mêmes chefs. Le ministère public avait requis un sursis probatoire imposant le respect des décisions de la justice belge. La défense réclamait une suspension du prononcé.

Le tribunal a finalement retenu la peine de deux ans avec sursis. « C’est un soulagement pour M. Goossens que la culpabilité ait été reconnue », a réagi auprès de l’AFP l’un de ses avocats, Romain Delcoigne. La défense de Rokia Traoré a indiqué ne pas souhaiter commenter avant d’avoir pu échanger avec sa cliente. L’artiste peut interjeter appel.

L’affaire a donné lieu à une procédure judiciaire transnationale de près de sept ans. Rokia Traoré a été arrêtée une première fois en novembre 2019 à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, puis remise en liberté. Interpellée de nouveau à Roissy en mars 2020, elle a été placée en détention pendant deux semaines avant d’être libérée avec interdiction de quitter la France. Elle a cependant pris un vol pour Bamako, où résidait sa fille, et a mis sa carrière internationale entre parenthèses.

Au printemps 2024, la chanteuse a repris ses concerts hors du Mali. À son arrivée à Rome fin avril pour un spectacle, elle a été arrêtée sur présentation de son passeport français — elle détient la double nationalité malienne et française — en vertu du mandat d’arrêt européen. Détenue plus de cinq mois dans une prison romaine, elle a été extradée vers la Belgique en novembre 2024 et incarcérée près de deux mois à Bruxelles. Le tribunal correctionnel a prononcé sa remise en liberté le 22 janvier 2025, à la suite de ce que la presse belge a décrit comme un accord préliminaire entre les parties.

Une artiste majeure de la scène africaine

Rokia Traoré, née en 1974 à Kolokani (région de Koulikoro, à environ 100 km au nord de Bamako), est l’une des artistes les plus reconnues de la scène musicale ouest-africaine. Chanteuse, guitariste et compositrice, elle a été décorée chevalière des Arts et des Lettres en France et a présidé le jury du Festival de Cannes « Un certain regard » en 2015. Sa carrière internationale est à l’arrêt depuis 2019 du fait de la procédure judiciaire. « Cette affaire est partie en boule de neige, ça a détruit ma carrière », avait-elle déclaré en décembre 2024 lors de la première audience publique à Bruxelles depuis son extradition.

Le délai d’appel contre le jugement du 6 mai court à compter de sa signification à la prévenue.

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