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Stéphane Kipré : « Je ne quitterai pas le PPA-CI »

Suspendu pour dix-huit mois par le PPA-CI après sa participation aux législatives de 2025 contre la consigne de boycott du parti, Stéphane Kipré refuse toute rupture avec Laurent Gbagbo. Dans une lettre ouverte aux congressistes, le député réaffirme sa fidélité au PPA-CI, tout en plaidant pour le dialogue politique, la libération des militants emprisonnés et une modernisation de l’action partisane.

POLITIQUE
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Stéphane Kipré
Stéphane Kipré PH: DR
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Suspendu dix-huit mois de toutes activités par le premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) tenu les 14 et 15 mai 2026 au Palais de la Culture de Treichville à Abidjan, le député Stéphane Kipré a réaffirmé dans une lettre ouverte adressée aux congressistes le 13 mai qu’il refusait toute rupture avec la formation de Laurent Gbagbo. « Je reste et demeure militant du PPA-CI, pro-Gbagbo », a-t-il écrit, selon le texte intégral publié par Ivoiractu.net.

La sanction adoptée par le congrès fait suite à la participation de Kipré aux élections législatives du 27 décembre 2025, en contradiction avec le mot d’ordre de boycott décrété par la direction du parti. Le même congrès a prononcé la radiation définitive d’Ahoua Don Mello, ancien vice-président exécutif, ainsi que celle de Fernand Ahilé et du maire de M’Batto, Kanga Kouakou Antoine. Laurent Gbagbo a été reconduit à la tête du PPA-CI à l’issue des travaux.

La fracture entre Kipré et la direction du PPA-CI remonte au 19 novembre 2025, date à laquelle un communiqué du parti avait acté la révocation de 22 cadres pour avoir participé aux législatives en dépit du boycott partisan. Stéphane Kipré, député de Gboguhé-Zaïbo dans la sous-préfecture de Daloa (région de la Marahoué, Centre-Ouest), figurait parmi les révoqués. Le 8 avril 2026, le conseil de discipline du PPA-CI avait auditionné Ahoua Don Mello et quatorze de ses proches à Cocody-Riviera Bonoumin. Les mis en cause avaient invoqué « la nécessité de maintenir le parti dans le jeu politique » après que le Conseil constitutionnel avait écarté Laurent Gbagbo de la liste électorale pour la présidentielle d’octobre 2025.

Kipré avait tenté de désamorcer la procédure disciplinaire lors d’une tournée de remerciements dans sa circonscription le 28 mars 2026. Face aux chefs traditionnels et aux militants rassemblés à Gboguhé-Zaïbo, il avait publiquement demandé pardon à Gbagbo en des termes solennels : « Un fils ne se justifie pas devant son père. Il se met à genoux et demande pardon. Président Laurent Gbagbo, je suis à ta porte. J’attends que tu ouvres pour que je rentre. »

La lettre du 13 mai aux congressistes

Exclu de l’accès aux travaux du congrès par un communiqué officiel du PPA-CI daté du 13 mai au même titre que Don Mello, Prince Dali Arthur et Blaise Lasm, en détention, Kipré a choisi de s’adresser directement aux délégués par écrit. Dans cette lettre, il salue la décision du Comité central de proposer que Laurent Gbagbo conserve un rôle d’« autorité morale et de garant », tout en soutenant l’élection d’un président exécutif issu du congrès. Il appelle la future direction à engager un dialogue politique pour obtenir la libération des militants emprisonnés. Il plaide également pour une adaptation du parti à la jeunesse : « La génération du digital attend une manière plus moderne de faire de la politique. »

Sur la stratégie électorale, Kipré estime que le moment est venu pour le PPA-CI de « tourner la page de la lutte contre le quatrième mandat » afin de privilégier le dialogue. Cette position marque une distance implicite avec la ligne de boycott qui lui avait valu ses sanctions, sans en constituer une contestation explicite.

Notons que le congrès a distingué les cas. Ahoua Don Mello, radié définitivement, avait participé à la présidentielle d’octobre 2025 en tant que candidat indépendant après s’être autoproclamé « candidat de précaution » à la Maison de la presse d’Abidjan le 31 juillet 2025. Laurent Gbagbo avait mis fin à ses fonctions de vice-président exécutif le même jour. Don Mello avait maintenu sa candidature jusqu’au scrutin. Fernand Ahilé et Kanga Kouakou Antoine, dont le rapprochement avec le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) au pouvoir a été retenu contre lui selon Koaci, ont également été radiés. Onze militants ont été suspendus pour douze mois et quatorze pour dix-huit mois, dont Kipré et le professeur Georges Armand Ouégnin.

La durée de la suspension de Kipré expire en novembre 2027, soit quelques mois avant les prochaines élections législatives ivoiriennes, dont le calendrier n’a pas encore été arrêté.

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