Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye prévient des temps difficiles
Samedi 2 mai 2026 au soir, le président Bassirou Diomaye Faye s’est livré à un long entretien télévisé de plus de deux heures devant la presse nationale. Trois journalistes se sont relayés pour l’interroger, un représentant de la télévision publique RTS et deux journalistes issus des chaînes privées Walf TV et TFM.

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Au cœur de l’échange figurait le diagnostic économique du pays : le chef de l’État a dressé un bilan sans détours et esquissé les priorités pour les prochains mois. Il a également confirmé des divergences franches avec le gouvernement issu du Pastef, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, tout en précisant que ces désaccords n’entamaient pas le fonctionnement de l’exécutif.
Le président a mis en garde contre une période difficile pour les Sénégalais, invoquant la charge de la dette publique et les mesures d’austérité déjà en place. Il a souligné que la montée rapide des cours mondiaux du pétrole, aggravée par le conflit au Moyen-Orient, fragilise davantage les prévisions budgétaires et oblige l’État à revoir sa feuille de route.
Faisant référence aux hypothèses retenues pour la croissance, il a expliqué que les calculs avaient été établis sur la base d’un prix du baril nettement inférieur à celui observé aujourd’hui, et que la hausse actuelle contraint l’État à intensifier ses efforts pour assurer l’approvisionnement énergétique du pays. Si la tendance se confirme, a-t-il averti, des ajustements tarifaires plus stricts pourraient devenir inévitables.
Maintien de la confiance malgré des désaccords
Sur la relation avec le Premier ministre, le président a affirmé que la confiance persistait entre eux, même si des positions différentes s’affirmaient au sujet de certaines réformes. Il a fait part de ses réserves concernant la révision urgente du code électoral, adoptée récemment à l’Assemblée nationale par des députés du Pastef, une réforme que l’opposition soupçonne d’avoir pour objet de verrouiller la situation électorale en vue de 2029.
Le chef de l’État a aussi regretté la tendance à personnaliser les projets politiques, estimant qu’un mouvement ne doit pas reposer sur un seul homme. Il a dénoncé les conséquences humaines et matérielles parfois lourdes qu’ont entraînées certains engagements collectifs, insistant sur la nécessité d’assembler une masse critique de citoyens autour d’un programme plutôt que de cultiver une figure charismatique.
Enfin, interrogé sur la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, il a indiqué que l’État sénégalais n’était pas engagé dans cette initiative, ccar pour lui, ni consultation ni association officielle n’avaient précédé l’annonce de cette démarche.



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