Sénégal : «Y’en a marre» veut évaluer l’action gouvernementale dans tout le pays
Samedi 25 avril, la place de la Nation à Dakar a servi de cadre à une rencontre publique animée par le collectif citoyen « Y’en a marre ». L’événement a rassemblé habitants de la capitale et responsables politiques de divers horizons pour dresser, selon les organisateurs, un bilan citoyen des deux premières années du mandat du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko.

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Pendant que des rappeurs se succédaient sur la scène, des fonctionnaires, des agriculteurs, des artistes et des étudiants prenaient part à des échanges sur l’orientation prise par le pouvoir et sur l’écart entre engagements et réalisations. Les débats ont couvert plusieurs préoccupations quotidiennes, du renchérissement du panier de la ménagère aux tensions à l’université, en passant par d’importantes pertes post-récolte liées à l’absence d’infrastructures de stockage.
Parmi les personnes présentes, Ngagne Demba Touré — qui représente le parti Pastef en tant que coordinateur national des Jeunes patriotes du Sénégal — a parcouru les stands et multiplié les rencontres. Il assure que le gouvernement reste à l’écoute et que les espaces de concertation continueront d’être privilégiés pour traiter les revendications citoyennes.
À l’inverse, Boubacar Fall, porte-parole du Rassemblement des travailleurs licenciés du Sénégal, a exprimé sa frustration : pour lui, l’écoute ne suffit pas et les promesses préélectorales peinent à se traduire en actes. Il évoque, chiffres à l’appui, la situation de dizaines de milliers de salariés évincés de divers organismes — citant notamment le port autonome de Dakar et le Grand Théâtre — et demande des réponses concrètes et des mesures de réparation.
Ressources naturelles et perspectives ouvertes
Sur certains dossiers, les participants ont toutefois reconnu des avancées, en particulier dans la gestion des ressources énergétiques. Cette semaine, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé que l’État reprenait la main sur le bloc gazi er Yakaar‑Teranga, jusque-là exploité par une entreprise américaine, une décision présentée comme un retour à la souveraineté sur un gisement majeur du pays.
Des partisans du pouvoir y voient une opportunité économique et sociale : selon eux, la valorisation nationale du gisement pourrait contribuer à faire baisser les coûts de l’électricité et permettre le développement de produits dérivés utiles à l’agriculture, comme des engrais, tout en garantissant que les ressources bénéficient davantage à la population sénégalaise.
Enfin, les organisateurs de « Y’en a marre » ont indiqué leur intention d’étendre ce modèle d’évaluation citoyenne au-delà de Dakar, en programmant des étapes dans les régions afin de recueillir des retours plus larges sur la mise en œuvre des politiques publiques.



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