Répartition des sièges : pourquoi certaines circonscriptions pèsent plus que d’autres à l’Assemblée nationale
Au lendemain du scrutin du 11 janvier 2026, l’attention se porte sur la répartition des sièges à l’Assemblée nationale. Un mécanisme encadré par la loi électorale, qui repose sur des critères démographiques et administratifs, et qui explique pourquoi certaines circonscriptions disposent de plus de députés que d’autres.

Au lendemain du scrutin combiné des élections législatives et communales du dimanche 11 janvier 2026, l’attention se tourne désormais vers la répartition des sièges. Un exercice technique mais déterminant, qui révèle des écarts importants entre les circonscriptions électorales en fonction de leur poids démographique et administratif.
Pour les élections législatives, le Bénin est découpé en 24 circonscriptions électorales appelées à pourvoir 109 sièges à l’Assemblée nationale. Cette répartition n’est pas uniforme. Elle obéit à des critères précis définis par le Code électoral modifié, notamment la population, l’étendue territoriale et l’importance administrative des zones concernées.
Ainsi, certaines circonscriptions disposent d’un nombre de sièges plus élevé. C’est le cas de la 6ᵉ circonscription électorale, qui regroupe Abomey-Calavi, So-Ava et Zè, et compte sept sièges. À l’inverse, des circonscriptions moins peuplées se voient attribuer seulement deux ou trois sièges. D’autres, comme Allada, Kpomassè, Ouidah, Toffo ou Tori-Bossito, disposent de cinq sièges.
Cette disparité s’explique par le principe de représentativité démographique. Plus une circonscription est peuplée, plus elle envoie de députés à l’Assemblée nationale. Ce mécanisme vise à assurer une représentation proportionnelle des citoyens, mais il influence aussi le poids politique des territoires dans les débats parlementaires.
Sur les 109 sièges à pourvoir, 85 sont attribués directement aux circonscriptions électorales, tandis que les autres sont répartis selon la règle de la plus forte moyenne. Ce mode de calcul, prévu par la loi électorale, permet d’ajuster la représentation en fonction des résultats obtenus par les listes éligibles, tout en respectant les équilibres territoriaux.
Cependant, pour prétendre à ces sièges, les listes doivent franchir un seuil déterminant. L’article 146 nouveau du Code électoral dispose clairement : « Seules sont éligibles à l’attribution des sièges, les listes ayant recueilli au moins vingt pour cent (20 %) des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives ». Cette exigence s’applique à toutes les circonscriptions, quelle que soit leur taille.
Dans ce contexte, les circonscriptions les plus peuplées deviennent stratégiques pour les partis politiques. Elles offrent non seulement plus de sièges, mais aussi une plus grande marge de manœuvre pour atteindre le seuil requis et maximiser les chances d’élection.

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