Patrick Poivre d’Arvor condamné pour recel d’abus de biens sociaux bien avant MeToo
Le 5 février 2026 marque le 33e anniversaire d’une date judiciaire majeure pour Patrick Poivre d’Arvor : le 5 février 1993, le présentateur du 20 heures de TF1 était mis en examen à Lyon dans le cadre de l’affaire dite « Pierre Botton », un dossier politico‑financier qui a durablement affecté sa carrière médiatique.

SOMMAIRE
Pierre Botton, homme d’affaires lyonnais et gendre de Michel Noir, alors maire de Lyon, est au centre d’un réseau d’affaires et de relations qui a donné lieu à des poursuites pour détournement de biens et avantages indus. Dans ce contexte, la justice a visé Patrick Poivre d’Arvor pour « recel d’abus de biens sociaux », les enquêteurs cherchant à déterminer si le journaliste avait reçu, via les sociétés de Botton, des prestations — voyages, séjours et autres dépenses — destinées à entretenir des relations utiles entre milieux économiques, responsables politiques et personnalités médiatiques.
L’inculpation de février 1993 eut un retentissement immédiat dans les médias et auprès du public : PPDA, figure d’autorité de l’information télévisée, se retrouvait soudain placé au cœur d’un scandale financier bien éloigné de son image de présentateur. Cette affaire s’inscrit par ailleurs dans une trajectoire déjà entachée par une controverse antérieure, la fausse interview de Fidel Castro en 1991, qui avait porté atteinte à sa crédibilité.
Chefs d’accusation et déroulé judiciaire
Les poursuites engagées contre Patrick Poivre d’Arvor se sont étalées sur plusieurs années. La justice reprochait au journaliste d’avoir bénéficié, entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, de prestations payées par Pierre Botton et ses sociétés, ce qui entre dans le périmètre du « recel d’abus de biens sociaux » : la réception d’avantages financés par des fonds détournés d’une société.
En janvier 1996, la cour d’appel de Lyon a condamné Patrick Poivre d’Arvor à 15 mois de prison avec sursis et à une amende de 200 000 francs pour recel d’abus de biens sociaux. Cette décision judiciaire a eu des conséquences immédiates sur sa carrière : TF1 a suspendu son présentateur vedette du journal de 20 heures pendant plusieurs mois. Il réintègre l’antenne au printemps 1996.
Au fil des années, d’autres procédures sont venues jalonner son parcours. En 2009, il a été condamné pour diffamation à la suite de propos visant la direction de TF1. Sur le plan civil, il a également été condamné dans un litige relatif à l’atteinte à la vie privée de son ancienne compagne.
Depuis 2021, Patrick Poivre d’Arvor est visé par une série d’accusations de viols, d’agressions sexuelles et de harcèlement formulées par plusieurs femmes. Florence Porcel fait partie des premières plaignantes à s’être manifestées, indiquant des faits qu’elle situe entre 2004 et 2009. Ces procédures ont connu des classements sans suite, des relances et des débats juridiques portant notamment sur la question de la prescription et de la notion de « sérialité ». Le journaliste conteste ces accusations et, tant qu’aucune condamnation définitive n’est prononcée, la présomption d’innocence s’applique.

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