Patrick Bruel comparé à Bertrand Cantat par un spécialiste
Patrick Bruel voit sa carrière frappée par une série d’annulations et une accumulation de plaintes depuis le début de l’année, tandis qu’un politologue de Sciences Po établit un parallèle net avec l’affaire Bertrand Cantat. Les répercussions professionnelles se multiplient : spectacles annulés, retrait d’événements collectifs et une exposition médiatique et judiciaire croissante qui, selon des spécialistes, rend toute réhabilitation improbable.

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Les dernières représentations de la pièce Deuxième partie ont été annulées à Paris. L’artiste a également renoncé à sa participation aux prochains concerts des Enfoirés, à plusieurs festivals d’été et à des dates de sa tournée Alors regarde 35. Les soucis s’ajoutent aux plaintes déposées contre le chanteur et comédien, âgé de 67 ans et connu aussi comme joueur de poker professionnel. Le dossier judiciaire s’est alourdi le 3 juillet avec le dépôt de trois nouvelles plaintes, dont une pour agression sexuelle sur une mineure de 15 ans au moment des faits. Les accusations portées par plusieurs plaignantes couvriraient des faits allégués entre 1992 et 2014.
Sur le plan judiciaire, Patrick Bruel est mis en examen depuis le 10 juin dans quatre dossiers portant sur des faits présumés commis entre 2008 et 2019. Il a été placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres affaires et est soumis à un contrôle judiciaire. L’artiste a par ailleurs été soumis à une obligation de soins psychologiques, mesure visant notamment à prévenir les risques de récidive. Son avocate, Me Fanny Colin, a assuré que son client niait tout comportement de contrainte ou de violence envers une femme et qu’il souhaitait que les investigations suivent leur cours.
Patrick Bruel et Bertrand Cantat : pour ce spécialiste, les deux affaires sont liées
Interrogé par nos confrères du Point, le politologue Michel Hastings, professeur émérite à Sciences Po et auteur de l’ouvrage La disgrâce politique, anatomie de la chute (éditions CNRS), a analysé la « chute » de la star. Selon lui, la combinaison d’une mobilisation sur les réseaux sociaux, de l’action d’associations, d’interventions de responsables politiques et du travail de la justice crée une dynamique qui rend, selon ses termes, toute réhabilitation très difficile.
Pour Michel Hastings, la pression de l’opinion publique et la visibilité médiatique du dossier rendent peu probable un « retour en grâce ». Il établit un parallèle explicite avec l’affaire de Bertrand Cantat, condamné pour la mort de sa compagne, l’actrice Marie Trintignant, en 2003. Après avoir purgé sa peine, Cantat est, selon le spécialiste, « devenu littéralement inaudible » et ne retrouve pas la même assise publique ni le même succès commercial qu’auparavant.
Dans ses propos rapportés par la presse, Michel Hastings illustre comment les conséquences sociales et culturelles d’affaires judiciaires très médiatisées peuvent perdurer bien au-delà du volet pénal et transformer durablement l’image publique d’un artiste.



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