Ouganda : plus de 154 000 enfants menacés par la malnutrition aiguë au Karamoja
Dans le Karamoja, au nord-est de l’Ouganda, plus de 154 000 enfants de 6 à 59 mois souffrent ou devraient souffrir de malnutrition aiguë entre août 2026 et février 2027, selon la dernière analyse IPC.

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Plus de 154 000 enfants âgés de 6 à 59 mois dans le Karamoja, au nord-est de l’Ouganda, souffrent ou devraient souffrir de malnutrition aiguë entre août 2026 et février 2027, selon la dernière analyse de l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC), publiée le 7 septembre. La situation s’est nettement dégradée depuis le printemps sous l’effet de chocs climatiques liés à El Niño, d’une insécurité alimentaire accrue et de conditions sanitaires fragiles.
L’IPC estime à 154 245 le nombre d’enfants concernés sur la période, dont 38 779 cas de malnutrition aiguë sévère nécessitant une prise en charge urgente. Quelque 13 920 femmes enceintes ou allaitantes devraient également avoir besoin d’un traitement nutritionnel. Kaabong et Kotido sont classés en phase 4, dite « critique », tandis qu’Amudat, Moroto, Nabilatuk et Nakapiripirit sont en phase 3, dite « sérieuse ».
Le nouveau total représente environ 32 000 enfants de plus que l’estimation publiée en juin, qui tablait sur 122 100 cas entre mars 2026 et février 2027. Save the Children a alerté le 10 septembre sur cette hausse, estimant que les épisodes de sécheresse associés à El Niño ont aggravé les risques nutritionnels dans une région où de nombreux ménages dépendent directement des récoltes et de l’élevage.
La dégradation dépasse le seul indicateur nutritionnel. Entre août et octobre, environ 673 000 personnes, soit 42 % de la population du Karamoja, sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de phase 3 ou plus, le niveau le plus élevé enregistré dans la région depuis 2018. Parmi elles, 118 000 se trouvent en phase 4, un nombre qui a presque triplé par rapport à l’analyse précédente.
Récoltes fragilisées et prix alimentaires en hausse
Pour la période allant de novembre 2026 à février 2027, l’IPC prévoit que 679 000 personnes resteront en phase 3 ou plus. Kotido devrait demeurer le district le plus touché, avec 60 % de sa population dans cette catégorie, dont 15 % en phase 4.
L’IPC attribue cette détérioration à des périodes de sécheresse ayant provoqué des pertes de récoltes presque totales dans certaines zones, à l’épuisement précoce des stocks alimentaires et à une hausse de 15 % à 25 % des prix des produits de base par rapport à 2025. Les pertes de bétail, l’accès limité à l’eau potable et à l’assainissement ainsi qu’une forte prévalence des maladies diarrhéiques et respiratoires aggravent la vulnérabilité des enfants.
Les recommandations portent notamment sur l’augmentation du dépistage et du traitement de la malnutrition aiguë, le prépositionnement d’aliments thérapeutiques, le renforcement de l’aide alimentaire et monétaire, ainsi que la réhabilitation des points d’eau et des infrastructures d’irrigation. L’IPC appelle également à renforcer la surveillance et la prise en charge du paludisme, de la diarrhée, de la rougeole et d’autres maladies infantiles.
L’aide alimentaire humanitaire a permis de réduire une partie des difficultés d’accès à la nourriture à court terme, mais elle reste très inférieure aux besoins, selon l’IPC. Les effets des interventions nutritionnelles sur les indicateurs de malnutrition devraient par ailleurs prendre davantage de temps à se matérialiser.



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