Image Celtiis
Image Celtiis

Nouveau décret sur la préséance au Bénin: Gilles Badet en détaille les règles

Un décret récemment adopté sur la préséance protocolaire en République du Bénin suscite de nombreuses interrogations dans l’opinion nationale.

POLITIQUE
385 vues
Talon Patrice
Talon Patrice,@: Présidence Bénin
3 min de lecture
Google News Commenter
Pigier Cisco

Pour en expliquer les principales nouveautés, Gilles Badet, spécialiste en protocole et relations institutionnelles, est intervenu sur Canal 3 Bénin pour éclairer le public sur l’esprit et l’application de ce texte.

Le décret, adopté en mars 2026, organise l’ordre de préséance entre les autorités publiques lors des cérémonies officielles et des manifestations protocolaires. Il intervient dans un contexte institutionnel renouvelé, notamment en raison de la création du Sénat du Bénin et du renforcement des structures de l’État.

Une logique formelle, pas une hiérarchie de pouvoir. Selon Gilles Badet, la préséance n’a pas vocation à refléter un classement de puissance politique ou institutionnelle, mais plutôt à structurer l’organisation des cérémonies publiques. Elle permet notamment de déterminer l’ordre de passage des autorités, les emplacements dans les cortèges et la distribution des honneurs, en vue d’éviter les conflits de rang et de favoriser une représentation harmonieuse des institutions.

« La préséance est un outil de coordination protocolaire, distinct des attributions réelles des institutions », explique-t-il. « Elle ne mesure ni l’importance juridique d’un organe, ni sa capacité décisionnelle dans l’exercice du pouvoir. », a souligné l’ancien SG de la Cour constitutionnelle.

La réforme protocolaire selon ses explications introduit plusieurs ajustements visant à clarifier la place des nouvelles institutions issues de la révision constitutionnelle de 2025. Cela inclut la prise en compte du Sénat et de ses dirigeants, ainsi que l’ajustement de la hiérarchie des autorités en fonction du rôle représentatif des différentes fonctions publiques.

Pour Gilles Badet, ces réglages visent avant tout à adapter le cadre protocolaire à la nouvelle architecture institutionnelle sans bouleverser l’équilibre des pouvoirs. Il insiste : « La place qui est donnée à telle ou telle autorité dans l’ordre protocolaire n’a pas d’incidence sur sa compétence administrative ou sa légitimité politique. »

Cette explication intervient à un moment où certains observateurs avaient interprété le décret comme impliquant une forme de supériorité institutionnelle, notamment en plaçant certains acteurs avant d’autres dans la hiérarchie protocolaire. Pour M. Badet, ces interprétations résultent d’une confusion entre symbolique protocolaire et réalité des compétences constitutionnelles.

En conclusion, il invite les acteurs politiques, les administrations et le grand public à considérer la préséance pour ce qu’elle est réellement : un cadre d’organisation des événements officiels, et non une réinvention des rapports de pouvoir entre les institutions de la République.

Cas spécifique du président du Sénat qui vient avant le président du parlement

Sur le cas spécifique entre le président du Sénat et celui de l’assemblée nationale, le professeur de droit constitutionnel Gilles Badet rappelle que le Parlement béninois est désormais bicaméral. Le Sénat y occupe le rang de chambre haute, tandis que l’Assemblée nationale conserve son statut de chambre basse.

Dans ce schéma, la primauté protocolaire accordée au président de la chambre haute apparaît cohérente. Selon l’universitaire, cette hiérarchisation n’a rien d’exceptionnel. Elle correspond à une pratique observée dans plusieurs démocraties comparables, où la préséance revient naturellement au président de la chambre haute, sans que cela ne remette en cause l’équilibre des pouvoirs ou la légitimité démocratique des institutions.

Au-delà du symbole, le décret vise avant tout à fluidifier l’organisation des cérémonies officielles et à harmoniser les usages protocolaires avec la réalité institutionnelle actuelle du Bénin. Un ajustement technique, mais révélateur d’un État qui affine ses codes à mesure que ses institutions évoluent.

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
11:27 PSG: le groupe presque au complet avant le choc face au Bayern