Naufrages meurtriers en Afrique : l’Organisation maritime internationale pointe des défaillances systémiques

Une succession d'accidents fluviaux et lacustres particulièrement meurtriers secoue le continent africain. Les experts maritimes dénoncent l'absence chronique de normes de sécurité élémentaires.

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Une série noire de catastrophes fluviales et lacustres a endeuillé plusieurs pays africains au cours du mois d’août 2026. Le drame le plus dévastateur s’est produit au Zimbabwe, où le naufrage d’un ferry public sur le lac Kariba a coûté la vie à au moins 94 personnes, illustrant de manière tragique la vulnérabilité persistante des transports de passagers sur les plans d’eau intérieurs du continent.

L’Afrique de l’Ouest a également payé un lourd tribut durant cette même période estivale. Dans le nord-ouest du Nigeria, plus précisément dans l’État de Sokoto, le chavirement brutal d’une embarcation a provoqué la mort d’environ 50 passagers, alourdissant un bilan global continental déjà dramatique sur les cours d’eau régionaux.

Les sinistres ont aussi frappé la région des Grands Lacs avec une violence spectaculaire au port tanzanien de Kigoma. Les installations du lac Tanganyika ont été le théâtre de l’incendie puis de l’explosion du bateau congolais MV Pacifique, une catastrophe qui a entraîné la mort d’au moins six personnes tout en causant d’importantes destructions matérielles sur les quais marchands.

Face à cette multiplication d’événements mortels, Damien Chevallier, directeur de la division de la sécurité maritime à l’Organisation maritime internationale (OMI), a pris la parole le 4 septembre 2026 sur les ondes de RFI. Invité de l’émission « Invité Afrique Midi », le responsable onusien a dressé une analyse technique des facteurs récurrents à l’origine de ces tragédies évitables.

Surcharge et défauts de contrôle au banc des accusés

L’expert de l’OMI met directement en cause la pratique généralisée de la surcharge des navires, couplée à des défaillances sévères dans les opérations de contrôle administratif et au manque de formation technique des équipages. Ces négligences opérationnelles altèrent directement le centre de gravité des bâtiments nautiques, entraînant des pertes d’équilibre irréversibles et des chavirements foudroyants qui ne laissent que peu de chances de survie aux passagers.

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