Mali : grâce présidentielle pour Yann Vézilier, l’agent de la DGSE condamné à 20 ans de prison
Le président malien Assimi Goïta aurait accordé une grâce présidentielle au ressortissant français Yann Vézilier, condamné en juin 2026 à vingt ans de réclusion pour atteinte à la sûreté de l’État. L’information est rapportée par KoumaMedia, mais aucun décret ni communiqué officiel confirmant la mesure n’a pu être retrouvé dans les sources publiques consultées à ce stade.

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Le dossier Yann Vézilier pourrait connaître un important dénouement au Mali. Selon KoumaMedia, le président Assimi Goïta a accordé une grâce présidentielle au Français condamné deux mois plus tôt dans une affaire de présumée tentative de déstabilisation des institutions maliennes.
Cette mesure, si elle est officiellement confirmée, pourrait ouvrir la voie à sa libération après près d’un an de détention à Bamako. Les modalités de la grâce, notamment son caractère total ou partiel ainsi que sa date d’exécution, n’étaient pas disponibles dans les sources officielles consultées.
Yann Vézilier avait été condamné début juin 2026 à vingt ans de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté de l’État. La juridiction malienne lui avait également infligé une amende de 3,6 millions de FCFA, une interdiction de séjour au Mali pendant vingt ans après l’exécution de sa peine et le paiement d’un franc symbolique à l’État malien.
Un dossier au cœur des tensions entre Bamako et Paris
L’affaire remonte à août 2025. Les autorités maliennes avaient alors annoncé l’arrestation de plusieurs militaires et civils soupçonnés de préparer une opération visant à déstabiliser les institutions. Parmi les personnes interpellées figuraient Yann Vézilier ainsi que les généraux maliens Abass Dembélé et Néma Sagara. Bamako avait présenté le ressortissant français comme un agent des services de renseignement français chargé de mobiliser des responsables politiques, des membres de la société civile et des militaires contre le pouvoir d’Assimi Goïta.
Paris a constamment rejeté cette version. Le ministère français des Affaires étrangères affirme que Yann Vézilier était un agent français officiellement accrédité auprès de l’ambassade de France à Bamako et qu’il effectuait une mission de coopération en matière de sécurité. Des sources diplomatiques françaises avaient également indiqué qu’il appartenait à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et bénéficiait d’un statut diplomatique. La France avait, dès son arrestation, dénoncé une violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et demandé sa libération.
Après sa condamnation, Paris avait de nouveau qualifié les accusations d’« sans fondement » et assuré que son agent n’avait participé, directement ou indirectement, à aucune entreprise de déstabilisation du Mali. Une grâce présidentielle ne remettrait pas juridiquement en cause le jugement ayant condamné Yann Vézilier. Elle agirait sur l’exécution de la peine, contrairement à une annulation judiciaire de la condamnation.
Une éventuelle libération pourrait néanmoins avoir une portée diplomatique importante. Les relations entre le Mali et la France se sont fortement détériorées depuis le retrait des forces françaises, la rupture de plusieurs mécanismes de coopération et le rapprochement de Bamako avec la Russie.


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