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Le Rwanda veut lancer son premier réacteur nucléaire dès 2030

Le Rwanda a pris une nouvelle option dans son ambition nucléaire en signant trois accords de coopération civile en marge du sommet NEISA 2026 à Kigali. Le pays, qui vise un premier réacteur au début des années 2030, a reçu de l’AIEA le rapport validant la première phase d’évaluation de son programme, ouvrant la voie à une préparation plus avancée autour des petits réacteurs modulaires.

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Le Rwanda a conclu trois accords distincts en matière de nucléaire civil en marge du deuxième Sommet sur l’innovation dans l’énergie nucléaire en Afrique (NEISA 2026), organisé du 18 au 21 mai au Kigali Convention Centre, a annoncé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans un communiqué publié le 19 mai. Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, a remis le même jour au président Paul Kagame le rapport final de la mission d’examen intégré des infrastructures nucléaires (INIR Phase 1), conduite au Rwanda du 2 au 9 mars 2026. Ce document certifie l’achèvement de la première phase du processus d’évaluation de l’AIEA, qui s’articule en trois étapes jalonnant le développement d’un programme nucléaire civil national.

Dans la foulée, deux accords supplémentaires ont été signés le 19 mai en marge du sommet. L’AIEA et le gouvernement rwandais ont d’abord signé un accord de coopération portant sur la planification énergétique, le développement des infrastructures, la formation, la mobilisation des parties prenantes, le financement et le renforcement des capacités, notamment en matière de petits réacteurs modulaires (SMR). Dans un second temps, la société américaine Holtec International et le Rwanda Atomic Energy Board (RAEB) ont signé un accord de développement complet pour le déploiement des réacteurs SMR-300 d’Holtec au Rwanda, avec une capacité potentielle pouvant atteindre cinq gigawatts. Enfin, le 19 mai également, la secrétaire d’État adjointe américaine par intérim Renee Sonderman et la ministre d’État rwandaise aux Affaires étrangères Usta Kaitesi ont signé un mémorandum d’entente sur la coopération civile nucléaire stratégique entre les États-Unis et le Rwanda.

Les objectifs énergétiques de Kigali

Le Rwanda vise la mise en service de son premier réacteur nucléaire au début des années 2030 et fixe un objectif de 60 % à 70 % d’énergie nucléaire dans son mix énergétique national à l’horizon 2050, selon les documents officiels remis à l’AIEA. « Le Rwanda est satisfait d’avoir réussi la Phase 1 de l’examen intégré des infrastructures nucléaires de l’AIEA. Nous entendons rendre l’énergie nucléaire opérationnelle au début des années 2030 », a déclaré Kagame lors de la remise du rapport. Ces objectifs s’inscrivent dans la Stratégie nationale de l’énergie et le Plan directeur national d’utilisation du territoire du Rwanda.

La capacité de production électrique actuelle du Rwanda s’établit à moins de 1 000 mégawatts pour une population d’environ 14 millions d’habitants, selon les données de la Banque mondiale. Le pays importe une partie de son électricité depuis l’Éthiopie et l’Ouganda pour faire face à une demande en hausse liée à son industrialisation accélérée. Le choix des SMR répond à cette contrainte : ces réacteurs de petite taille peuvent être déployés de façon modulaire sans nécessiter les réseaux de transport haute tension dimensionnés pour les centrales conventionnelles.

Le rapport INIR et ses recommandations

La mission INIR Phase 1 de mars 2026, conduite par une équipe de quatre experts internationaux issus d’Égypte, d’Estonie, du Kenya et du Pakistan, ainsi que six membres du personnel de l’AIEA, a identifié plusieurs bonnes pratiques : un engagement gouvernemental soutenu et coordonné, une mobilisation anticipée des parties prenantes et une préparation précoce aux situations d’urgence. Le rapport recommande au Rwanda de finaliser son rapport national de décision et d’achever la révision de sa législation nucléaire, deux conditions préalables à l’entrée en Phase 2 du processus AIEA, qui correspond au début de la préparation de la construction. Lassina Zerbo, président du RAEB, a indiqué que le pays avait déjà accompli des progrès significatifs dans la construction des bases institutionnelles nécessaires.

Grossi a déclaré depuis Kigali que « la conversation n’est plus de savoir si le nucléaire doit être envisagé. La question est : combien et à quelle vitesse ».

Un sommet à vocation continentale

Le NEISA 2026 a été accueilli par Kagame aux côtés du président togolais Faure Gnassingbé et de la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan. Il a réuni des gouvernements, des régulateurs, des financeurs, des industriels et des partenaires technologiques sous le thème « Alimenter l’avenir de l’Afrique : transformer les ambitions nucléaires en réalité investissable ». Il est organisé en partenariat avec l’AIEA, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA), l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) et l’Association mondiale du nucléaire.

L’Afrique du Sud demeure le seul pays africain disposant d’une centrale nucléaire en activité, avec deux réacteurs de la centrale de Koeberg, en service depuis 1984. Le Rwanda est le premier pays africain à avoir complété la Phase 1 INIR de l’AIEA en vue du déploiement de SMR. La prochaine étape formelle de son programme nucléaire national est la Phase 2 du processus AIEA, qui marque le début de la préparation active à la construction. Son lancement dépend de l’adoption des textes législatifs et réglementaires recommandés par le rapport de mars 2026.

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