L’Afrique du Sud chiffre à 7,15 milliards $ son pari pour relancer ses raffineries
Le Central Energy Fund a présenté un programme de 7,15 milliards de dollars pour rebâtir les capacités de raffinage sud-africaines. Pretoria veut réduire une dépendance aux carburants importés qui atteint désormais 61 % de la demande.

L’Afrique du Sud évalue à 7,15 milliards de dollars le programme destiné à rebâtir ses capacités publiques de raffinage autour de Sapref, près de Durban. Présenté au Parlement par le Central Energy Fund (CEF), le projet vise 400 000 barils par jour pour réduire la dépendance aux carburants importés.
Cette dépendance atteint désormais 61 % de la demande nationale, contre 22 % en 2019, selon les chiffres communiqués par le CEF. Seules deux raffineries de brut restent en activité en Afrique du Sud, avec une capacité combinée d’environ 208 000 barils par jour. Plusieurs installations majeures sont à l’arrêt ou ont été reconverties en terminaux d’importation.
Le programme doit commencer en 2026-2027 par une phase de 305 millions de dollars consacrée au stockage, au mélange de carburants, aux importations de gaz de pétrole liquéfié et à la logistique. Une deuxième enveloppe de 45 millions de dollars, prévue en 2027-2028, doit financer les études, les autorisations, les travaux ferroviaires ainsi que la recherche de partenaires et de financements.
Le cœur du projet représente 6,8 milliards de dollars. Il comprend 4,2 milliards pour les unités de traitement, 1,4 milliard pour les infrastructures du site, 800 millions pour les installations maritimes et le stockage, puis 400 millions de réserve. La construction durerait 48 mois après la décision finale d’investissement, pour une livraison globale estimée entre six et sept ans.
Le CEF estime que le chantier pourrait soutenir environ 12 500 emplois pendant la construction et créer 2 850 postes permanents. Dans son scénario complet, l’organisme public évoque jusqu’à 16 220 emplois et une contribution de 16 milliards de rands au produit intérieur brut. Ces projections restent toutefois conditionnées aux autorisations, au financement et à la décision finale d’investissement.
Sapref, autrefois la plus grande raffinerie du pays, est à l’arrêt depuis 2022 après l’interruption de ses activités par Shell et BP, puis les dégâts causés par les inondations au KwaZulu-Natal. Le CEF a repris l’installation en 2024. Son plan prévoit d’utiliser d’abord les réservoirs existants pour sécuriser les importations, avant de porter la capacité à 400 000 barils par jour, puis éventuellement à 650 000 barils sous réserve des validations nécessaires.



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