Kenya : l’or brut ne pourra plus être exporté sans raffinage local
Le président William Ruto veut rendre illégale l’exportation d’or non raffiné et étendre la règle aux autres minerais. Trois raffineries doivent soutenir ce virage, tandis que la Banque centrale aura la priorité pour acheter l’or produit au Kenya.

Le Kenya va interdire l’exportation d’or non raffiné et imposer son passage par des circuits de transformation agréés dans le pays, a annoncé le président William Ruto lundi 14 septembre à Kisumu. La mesure doit aussi être étendue à d’autres minerais afin de conserver davantage de valeur dans l’économie kényane.
Le chef de l’État a indiqué que la Banque centrale du Kenya, la CBK, deviendrait le premier point de vente pour l’or extrait localement. Le dispositif doit permettre à l’institution d’acheter du métal produit au Kenya pour ses réserves tout en donnant au gouvernement davantage de visibilité sur les prix et les flux commerciaux.
Trois raffineries doivent fournir la capacité de traitement nécessaire. William Ruto a cité une installation en développement à Kakamega et deux autres à Nairobi. Il a précisé que l’interdiction ne se limiterait pas à l’or et viserait également des ressources comme le coltan et les terres rares.
Cette décision intervient alors que Nairobi cherche à formaliser un secteur minier encore largement dominé par de petits exploitants et des circuits informels. En juillet, une modification de la loi sur la Banque centrale a élargi les pouvoirs de la CBK pour acheter, détenir, raffiner et négocier de l’or dans le cadre d’un programme national d’achat.
Le virage prolonge aussi la stratégie de transformation locale des minerais critiques mise en avant par le Kenya. Le 9 septembre, les États-Unis avaient annoncé leur soutien au développement des capacités kényanes de traitement, notamment autour des ressources en terres rares et en niobium.
Le gouvernement kényan défend depuis plusieurs mois la transformation locale des matières premières afin de réduire les exportations à faible valeur ajoutée. Le 1er octobre 2025, William Ruto avait déjà appelé à mettre fin au modèle consistant à exporter des produits et des minerais bruts avant de les réimporter sous forme transformée.



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