Iran : l’AIEA renvoie Téhéran au Conseil de sécurité de l’ONU, une première en 20 ans

Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a adopté mercredi à Vienne une résolution signalant l’Iran au Conseil de sécurité de l’ONU pour non-respect de ses obligations de garanties nucléaires.

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Drapeau de l’Iran — photo d’illustration, sans lien avec les frappes évoquées
Drapeau de l’Iran — photo d’illustration, sans lien avec les frappes évoquées. Photo : Mostafameraji / Wikimedia Commons — CC0 (http://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/deed.en).
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Le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a adopté mercredi 9 septembre 2026 à Vienne une résolution renvoyant l’Iran devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour non-respect de ses obligations de garanties nucléaires. Il s’agit de la première saisine de ce type visant Téhéran depuis vingt ans.

Le texte a recueilli 23 voix sur les 35 membres du Conseil des gouverneurs. La Russie, la Chine et le Niger ont voté contre, huit pays se sont abstenus et un membre n’a pas pris part au vote, selon l’Associated Press. La résolution avait été présentée par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne.

Cette décision prolonge une résolution adoptée le 12 juin 2025, dans laquelle le Conseil des gouverneurs avait constaté la « non-conformité » de l’Iran à ses obligations de garanties. Selon Reuters, une nouvelle résolution était nécessaire pour transmettre formellement ce constat au Conseil de sécurité.

Le différend porte notamment sur une enquête de longue durée concernant des traces d’uranium détectées sur plusieurs sites non déclarés. Téhéran affirme que son programme nucléaire poursuit exclusivement des objectifs pacifiques et rejette les accusations selon lesquelles il chercherait à se doter de l’arme nucléaire.

Le bras de fer s’est aussi durci autour de l’accès des inspecteurs aux installations touchées par des frappes militaires. Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a déclaré cette semaine que l’absence d’informations sur certains sites et sur les matières nucléaires associées constituait une préoccupation sérieuse en matière de prolifération. L’Agence estime que l’Iran détenait avant les frappes 440,9 kg d’uranium enrichi jusqu’à 60 %, sans pouvoir depuis vérifier précisément l’état de l’ensemble de ce stock.

Un dossier désormais devant le Conseil de sécurité

Le renvoi du dossier ouvre la possibilité d’un examen au Conseil de sécurité, qui dispose de pouvoirs allant jusqu’à l’adoption de sanctions ou de gels d’avoirs. Une action punitive reste toutefois incertaine : la Russie et la Chine, qui ont voté contre la résolution à Vienne, disposent toutes deux d’un droit de veto au Conseil.

L’Iran a dénoncé une décision « politique ». Dans une déclaration publiée mercredi par sa mission auprès des Nations unies à Vienne, Téhéran a attribué la crise actuelle aux attaques américaines et israéliennes et a accusé les puissances occidentales d’instrumentaliser l’AIEA. L’ambassadeur iranien Reza Najafi a indiqué que son pays coopérerait avec l’Agence dans la mesure où les conditions de sécurité le permettraient.

Le vote intervient alors que les tensions militaires entre l’Iran et les États-Unis se sont de nouveau aggravées dans le Golfe et autour du détroit d’Ormuz. Les derniers échanges de frappes ont notamment touché des navires et des infrastructures liées à l’énergie, ajoutant un volet sécuritaire au contentieux nucléaire et diplomatique avec Washington.

L’AIEA réclame des garanties vérifiables

Le texte adopté demande au directeur général de l’AIEA de transmettre la résolution, ainsi que les précédentes décisions pertinentes, aux États membres de l’Agence, au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale des Nations unies. Il appelle également l’Iran à remédier rapidement à sa non-conformité afin que l’AIEA puisse fournir les assurances nécessaires sur l’absence de détournement de matières nucléaires.

L’AIEA continue de présenter la reprise des inspections et la clarification des questions de garanties comme des conditions indispensables à une évaluation complète du programme iranien. La résolution du 9 septembre place désormais ce différend sous l’examen du Conseil de sécurité, sans préjuger des mesures que ses quinze membres décideront ou non d’adopter.

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