Gambie : la police interdit les manifestations sans permis après les protestations contre les coupures
La police gambienne a annoncé qu’aucune nouvelle manifestation ne serait autorisée sans permis, après plusieurs nuits de protestations contre les coupures d’électricité. Onze personnes ont été arrêtées pour des faits de vandalisme liés aux troubles.

SOMMAIRE

La police gambienne a annoncé, jeudi 10 septembre au soir à Banjul, qu’aucune nouvelle manifestation ne serait autorisée sans permis, après plusieurs nuits de protestations déclenchées par les coupures d’électricité qui frappent le pays. Le chef de la police, Seedy Mukhtar Touray, a averti que tout rassemblement organisé sans autorisation serait dispersé.
La décision intervient après des manifestations dans la capitale et plusieurs localités de la zone du Grand Banjul. Les protestataires dénonçaient des délestages qui ont parfois duré jusqu’à 48 heures. La police a utilisé des gaz lacrymogènes lors de certains rassemblements, tandis que des actes de vandalisme ont été signalés contre un poste de police et des installations de la compagnie publique d’électricité NAWEC.
Selon Seedy Mukhtar Touray, onze personnes ont été arrêtées dans le cadre des enquêtes sur les violences et dégradations commises pendant les troubles. Le responsable policier a reconnu le droit des citoyens à exprimer leurs revendications, tout en affirmant que les manifestations devaient respecter la procédure prévue par la loi gambienne.
Cette nouvelle ligne sécuritaire survient à moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue en décembre. Le président Adama Barrow, candidat à un troisième mandat, fait face à une contestation croissante sur la qualité de l’approvisionnement en électricité et, plus largement, sur les conditions de vie.
Le maire de Kanifing, Talib Ahmed Bensouda, qui prévoit de défier Adama Barrow à la présidentielle, a déclaré comprendre la colère des manifestants, tout en disant ne pas soutenir les violences. Il a notamment critiqué la dépendance du pays aux importations d’énergie, qu’il juge trop vulnérables aux chocs extérieurs.
Le gouvernement promet une amélioration d’ici fin octobre
Dans une adresse à la nation le 8 septembre, Adama Barrow a reconnu les insuffisances de la planification, de la production et de la maintenance du secteur électrique. Il a annoncé l’installation d’une unité supplémentaire de 24 mégawatts à la centrale de Brikama, dont la mise en service est prévue d’ici la fin octobre.
Le chef de l’État a également confirmé l’attribution d’un contrat pour une centrale solaire de 50 mégawatts à Soma et la création d’une task force présidentielle sur l’électricité, chargée de publier un point de situation toutes les deux semaines. Le gouvernement affirme viser une amélioration sensible de l’alimentation électrique avant la fin du mois d’octobre.
Les coupures ont pris une dimension politique depuis le début de la semaine, après la propagation des rassemblements à Banjul, Westfield, Brikama et d’autres secteurs du Grand Banjul. La gestion de la crise énergétique devrait désormais peser davantage sur la campagne présidentielle qui s’ouvre dans le pays.



Commentaires