Gabon : réussite de la levée de fonds à l’international, échec sur le marché régional
Le Gabon a mobilisé au total 920 millions de dollars sur les marchés internationaux, dépassant largement son objectif initial de 750 millions de dollars. Cette opération intervient alors que le pays fait face à des tensions budgétaires et à des coûts d’emprunt encore élevés.

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Les autorités gabonaises présentent cette levée comme le signe d’une confiance renouvelée des investisseurs envers le pays. L’analyste Cédrick Jiongo, spécialiste du Gabon, estime toutefois que cette réussite s’explique surtout par un contexte international favorable aux émissions souveraines africaines.
« Il y a une fenêtre d’opportunité sur les marchés depuis le début de l’année », a-t-il expliqué. Les tensions géopolitiques et les interrogations persistantes sur l’indépendance de la Réserve fédérale américaine ont conduit certains investisseurs à réorienter une partie de leurs placements vers les fonds souverains africains.
Plusieurs pays du continent, dont le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Congo, la République démocratique du Congo et le Kenya, ont récemment réussi des émissions obligataires. Le Gabon a ainsi profité d’une dynamique qui a favorisé l’accès des économies africaines aux marchés internationaux.
Un marché régional à bout de souffle
La situation a été nettement différente sur le marché régional. Parmi les six catégories de titres et d’obligations proposées par le Gabon, une seule a attiré des investisseurs, pour un montant inférieur à 90 000 dollars.
Pour Cédrick Jiongo, cet échec ne reflète pas directement la situation économique de Libreville. Il traduit plutôt les difficultés actuelles du marché des titres publics de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, géré par la Banque des États de l’Afrique centrale.
Ce marché a atteint un niveau de saturation, selon l’analyste. Plus de 70 % des titres y sont détenus par les banques, dont les capacités d’intervention dans de nouvelles opérations d’emprunt sont désormais fortement limitées.
Les établissements bancaires de la région doivent également composer avec des contraintes de liquidité et une accumulation de titres publics. Dans ces conditions, les émissions internationales offrent au Gabon une profondeur de marché plus importante que le compartiment régional.
Les partenaires financiers du Gabon attendent désormais les conclusions de l’audit général de la dette. Une mission du Fonds monétaire international est prévue en septembre afin d’évaluer la situation du pays et d’examiner les conditions d’un éventuel futur programme.


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