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Gabon : L’AGASA interdit les jus et produits laitiers artisanaux

L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a annoncé dimanche 4 mai l’interdiction immédiate de la commercialisation des jus de production artisanale et des produits laitiers reconditionnés sur l’ensemble du territoire, invoquant des « non-conformités majeures » et des conditions d’hygiène incompatibles avec les normes sanitaires en vigueur.

ECONOMIE
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Ville de Libreville au Gabon
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La mesure vise les jus de bissap, de gingembre, le lait caillé et les glaces en sachet vendus dans le commerce de rue, un segment qui irrigue l’économie de proximité dans les marchés, les gares routières et les quartiers populaires de Libreville, Port-Gentil et des villes secondaires. L’AGASA pointe en particulier l’usage de bouteilles de récupération pour le conditionnement, pratique jugée incompatible avec les standards internationaux de sécurité alimentaire.

La suspension est prononcée sine die. La reprise de ces activités est conditionnée à l’obtention d’un agrément sanitaire délivré par l’agence, qui publiera une liste des opérateurs autorisés à l’issue du processus de mise en conformité.

L’AGASA invite les producteurs et vendeurs concernés à se faire enregistrer auprès de ses délégations provinciales, amorçant un recensement destiné à cartographier un secteur jusqu’ici largement informel. La procédure impose une mise en conformité technique portant sur les conditions de fabrication, le conditionnement et la traçabilité des produits.

Pour les centaines de micro-entrepreneurs qui vivent de cette activité, la mesure constitue un choc immédiat. Le commerce de jus artisanaux et de produits laitiers en sachet représente pour de nombreuses femmes et jeunes un revenu quotidien de subsistance, dans un pays où le secteur informel absorbe une part significative de la population active. L’AGASA n’a pas annoncé de dispositif d’accompagnement financier ou technique pour aider les petits producteurs à se conformer aux nouvelles exigences.

Un modèle courant en Afrique de l’Ouest et centrale

L’interdiction gabonaise s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays de la sous-région, où les autorités sanitaires tentent de réguler un commerce informel de boissons et produits alimentaires dont les conditions de fabrication échappent à tout contrôle. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont pris ces dernières années des mesures similaires ciblant les sachets d’eau, les jus conditionnés à la main et les produits laitiers non homologués, avec des résultats variables sur l’application effective des interdictions.

La difficulté récurrente réside dans l’écart entre la norme édictée et la capacité des micro-entrepreneurs à y répondre. Sans accès à des équipements de conditionnement homologués, à des formations aux bonnes pratiques d’hygiène et à des financements adaptés, une partie de ces producteurs risque de basculer dans une clandestinité qui aggraverait précisément les problèmes sanitaires que la mesure entend résoudre.

Le Gabon compte environ 2,4 millions d’habitants, dont plus de 85 % vivent en zone urbaine, ce qui concentre les enjeux de sécurité alimentaire dans les circuits de distribution de proximité des grandes agglomérations.

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