Ebola en RDC : le refus des tests par les populations complique la riposte en Ituri
La défiance des communautés locales face aux équipes sanitaires empêche le dépistage de dizaines de décès suspects dans l'est de la République démocratique du Congo.

SOMMAIRE

La riposte médicale contre l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola se heurte à une vive opposition communautaire dans la province de l’Ituri, située dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Les équipes sanitaires déployées sur le terrain font face au refus catégorique de nombreuses familles de soumettre leurs proches malades ou défunts aux prélèvements biologiques de diagnostic.
Cette rupture dans le protocole de détection a entraîné la survenue de dizaines de décès au sein des villages sans confirmation virologique préalable. L’inhumation clandestine de corps hautement contagieux en dehors des circuits sécurisés favorise la propagation invisible de la maladie au sein des zones de santé les plus enclavées.
Les réticences populaires trouvent leur origine dans des rumeurs récurrentes entourant les centres d’isolement, ainsi que dans la crainte de la stigmatisation sociale liée à la maladie. La persistance de ces croyances entretient une méfiance marquée envers les agents de santé communautaires chargés d’identifier et de tracer les personnes ayant été en contact avec des patients infectés.
La gestion de ce foyer épidémique présente une complexité accrue en raison de la souche virale Bundibugyo identifiée dans la région. Contrairement à la souche Zaïre, cette variante ne dispose pas encore de vaccin préventif à large échelle ni de traitement antiviral homologué, réduisant la marge de manœuvre des soignants aux seuls soins de soutien symptomatique.
L’insécurité locale fragilise le suivi des cas contacts
L’environnement sécuritaire précaire de l’Ituri, marqué par les incursions de milices armées, paralyse régulièrement les mouvements des convois logistiques et des équipes d’intervention rapide. Les soignants doivent souvent suspendre leurs patrouilles épidémiologiques dans plusieurs localités périphériques, privant les communautés isolées de matériel de désinfection et de sensibilisation.
Face à ce blocage opérationnel, le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé ont engagé le recrutement de leaders coutumiers et de délégués religieux locaux afin de rétablir le dialogue et de négocier l’accès sécurisé des soignants dans les foyers réfractaires.



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