Bénin : le rebasage du PIB ramène mécaniquement le ratio de dette à 46,4 %
Le changement de l’année de base des comptes nationaux, de 2015 à 2023, porte le PIB 2023 à 14 020,2 milliards FCFA. Cette réévaluation statistique fait reculer le ratio dette publique/PIB de 58,1 % à 46,4 %, sans diminution mécanique de l’encours nominal de la dette.

SOMMAIRE

L’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD) détaille, dans une note de synthèse publiée le 1er septembre 2026, les effets du rebasage des comptes nationaux du Bénin sur l’année de référence 2023. Le PIB de 2023 est désormais estimé à 14 020,2 milliards de FCFA, contre 11 200,7 milliards dans l’ancienne base 2015, soit une réévaluation de 25,2 %.
Cette hausse ne correspond pas à une création soudaine de richesse. L’INStaD l’attribue à une amélioration de la mesure statistique de l’économie, à l’intégration de nouvelles sources de données et à une meilleure couverture d’activités jusque-là insuffisamment captées. Le changement de base vise ainsi à rapprocher les comptes nationaux de la structure actuelle de l’économie béninoise.
L’un des effets les plus visibles concerne les finances publiques. Rapporté à un PIB désormais plus élevé, l’encours de la dette publique passe de 58,1 % à 46,4 % du PIB pour l’année 2023. Ce recul de 11,7 points est donc un effet de dénominateur lié au rebasage : il ne signifie pas que l’encours nominal de la dette a diminué dans les mêmes proportions.
La même mécanique modifie d’autres indicateurs. Selon la note de l’INStaD, la pression fiscale est ajustée à la baisse de 2,7 points de pourcentage. La nouvelle mesure élargit aussi la marge apparente par rapport au plafond communautaire de dette fixé à 70 % du PIB dans l’UEMOA, tout en laissant inchangée la nécessité de suivre l’évolution réelle des recettes, des dépenses et de l’endettement.
Le BTP et les services fortement réévalués
Le rebasage redessine également le poids des secteurs. La valeur ajoutée du secteur secondaire est réévaluée de 56,1 %, sous l’effet notamment d’une meilleure prise en compte des bâtiments et travaux publics, des industries agroalimentaires et d’autres activités manufacturières. Pour les BTP, l’écart entre l’ancienne et la nouvelle base atteint 111,8 %.
Le secteur tertiaire est réévalué de 21,1 %. L’INStaD relève notamment une hausse statistique de 229,5 % pour la branche restaurants et hôtels et de 31,6 % pour le commerce. Le secteur primaire est, lui, réévalué de 25 %, avec des corrections liées notamment à l’agriculture, à l’élevage et à une meilleure mesure de certaines productions.
Pour établir la base 2023, l’institut dit s’être appuyé sur plusieurs opérations statistiques récentes, dont le Recensement national de l’agriculture, le troisième Recensement général des entreprises, l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages et des travaux sur le commerce extérieur non enregistré.
Des séries rétropolées jusqu’en 1999
L’INStaD a également rétropolé les séries sur la période 1999-2022 afin de préserver la comparabilité historique. La note indique que les travaux se poursuivent pour la mise à jour complète de la maquette et de la série des comptes nationaux trimestriels.
Sur la nouvelle base, le PIB réel de 2024 est évalué à 15 087,5 milliards de FCFA à prix constants, correspondant à une croissance de 7,6 %. À prix courants, le PIB 2024 est chiffré à 15 436 milliards de FCFA. Ces nouvelles séries servent désormais de référence à l’analyse de la taille et de la structure de l’économie béninoise.



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