Bénin : Guy Mitokpè rejette l’étiquette d’opportuniste et assume son virage politique
Ancien cadre du parti Les Démocrates, Guy Dossou Mitokpè assume son repositionnement au sein de la mouvance présidentielle. Invité sur Bip Radio, l’ancien député a rejeté les accusations d’opportunisme, affirmant avoir réévalué sa position politique par conviction et non pour obtenir immédiatement des avantages.

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Guy Dossou Mitokpè ne veut pas que son ralliement à la mouvance présidentielle soit interprété comme une recherche de récompense politique. Critiqué depuis son départ du parti Les Démocrates et son soutien au duo Wadagni-Talata, l’ancien secrétaire national à la communication de la formation d’opposition a tenu à clarifier les motivations de son choix.
Sur Bip Radio, il a expliqué que son changement de position ne s’inscrivait pas dans une logique de « dividendes » à percevoir après la victoire de Romuald Wadagni à la présidentielle du 12 avril 2026. Pour lui, une réévaluation politique ne doit pas être comprise comme une démarche intéressée.
« En réévaluant ma position, ce n’était pas forcément pour ramasser les dividendes. Vous ne réévaluez pas votre position politique en pensant à ramasser les dividendes tout de suite. Autant dire que vous êtes un opportuniste. Moi, je ne le suis pas », a-t-il déclaré.
L’ancien parlementaire dit donc assumer son choix sans complexe. Il affirme s’être engagé dans la nouvelle dynamique par conviction, et non par calcul personnel. « Tout mon parcours prêche pour moi. Je ne suis pas un opportuniste. Et je suis un être de conviction », a-t-il insisté.
Un engagement présenté comme un choix de conviction
Pour Guy Mitokpè, l’engagement politique doit d’abord se mesurer à l’utilité que l’on peut avoir pour la population et pour le pays. Il soutient que son repositionnement répond à cette logique, dans un contexte où il estime pouvoir mettre ses compétences au service de la République.
« Quand je m’engage, c’est parce que je pense que je suis là pour apporter quelque chose de bien à la masse. Je peux apporter quelque chose de bien au pays. Et c’est naturellement la raison pour laquelle on s’est engagé », a-t-il expliqué.
Cette sortie intervient plusieurs semaines après son départ du parti Les Démocrates, formation à laquelle il a longtemps appartenu. Avant la présidentielle, le parti d’opposition avait été écarté du scrutin pour insuffisance de parrainages et avait officiellement opté pour une ligne de neutralité. Plusieurs cadres ou anciens responsables avaient toutefois décidé de soutenir publiquement Romuald Wadagni, candidat de la mouvance présidentielle.
Guy Mitokpè faisait partie de ces personnalités qui avaient choisi de rompre avec la position officielle de leur ancienne formation. Son ralliement avait suscité de nombreuses réactions, notamment au sein de l’opposition, où certains militants l’ont perçu comme un revirement difficile à justifier.
Des compétences à mettre au service de la République
Face aux critiques, l’ancien député défend une autre lecture. Il reconnaît disposer d’un potentiel et d’aptitudes qu’il souhaite mettre à la disposition du pays. Mais il précise que l’objectif principal ne doit pas être la recherche d’un poste ou d’un avantage personnel.
« Certes, on a du potentiel. On a des aptitudes aujourd’hui à mettre à la disposition de la République. Mais la première des choses qui compte, c’est que les bénéficiaires se portent mieux », a-t-il fait savoir.
À travers cette déclaration, Guy Mitokpè cherche à dissocier son choix politique de toute attente immédiate de nomination. Son propos intervient alors que les anciens cadres des Démocrates ralliés au camp Wadagni restent observés de près, notamment après la formation du premier gouvernement du nouveau président et les premières nominations au sein de l’appareil d’État.
Pour l’heure, ces ralliements n’ont pas débouché sur une intégration visible de ces anciennes figures de l’opposition dans le premier cercle du pouvoir. Cette situation alimente les commentaires sur le calcul politique qui aurait pu guider certains départs des Démocrates.
Guy Mitokpè, lui, réfute cette lecture. Il affirme que son engagement doit être compris comme une décision politique assumée, fondée sur la conviction qu’il peut contribuer à l’action publique. Son message est clair : son virage politique ne serait pas celui d’un homme en quête de récompense, mais celui d’un acteur qui dit vouloir continuer à servir le pays autrement.


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