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Au Niger, il est désormais interdit de diffuser des images de bénéficiaires d’aides alimentaires ou sociales

Les autorités nigériennes ont adressé un rappel strict aux organes de presse, aux sites internet et aux associations : il est désormais interdit de diffuser des images montrant des personnes au moment où elles reçoivent de l’aide — qu’il s’agisse de denrées alimentaires ou d’autres formes d’assistance. L’Observatoire national de la communication (ONC) motive cette mesure par la nécessité de protéger la dignité et l’honneur des bénéficiaires.

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Au Niger, il est interdit de diffuser des images de bénéficiaires d'aides alimentaires ou sociales
<span>Vue générale du marché de Niamey (illustration).</span> <span>AFP via Getty Images - MICHELE CATTANI</span>
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Dans un communiqué publié récemment, le régulateur presse à la retenue et proscrit toute diffusion susceptible d’exposer ou d’humilier les personnes aidées. Selon l’ONC, la diffusion de photos ou de vidéos prises lors de distributions ou d’opérations d’assistance peut porter atteinte à l’image et à l’intimité des intéressés, d’où l’interdiction formelle.

De leur côté, certaines structures engagées dans la distribution de l’aide reconnaissent le dilemme : pour rendre des comptes aux donateurs et partenaires, elles ont besoin de preuves visuelles que les contributions ont été bien employées. Un acteur de la société civile, qui a souhaité garder l’anonymat, a souligné cette nécessité de transparence tout en admettant que la protection des personnes aidées doit rester prioritaire.

Le message de l’ONC s’appuie sur des dispositions légales renforcées ces dernières années. Un texte révisé en 2024 prévoit des sanctions pénales pour la diffusion d’informations ou d’images susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte à la dignité humaine, exposant ainsi les contrevenants à des peines d’emprisonnement.

Sanctions et obligations des diffuseurs

Le régulateur rappelle aux médias et aux organisateurs d’actions humanitaires qu’un manquement à cette règle peut entraîner des poursuites et des sanctions administratives ou judiciaires. Les plateformes en ligne et les chaînes de diffusion sont particulièrement mises en garde contre la publication d’images identifiables des bénéficiaires sans leur consentement éclairé.

Face à ces contraintes, plusieurs organisations réfléchissent à des solutions : anonymisation des visages, autorisations écrites, ou focus sur des images d’ensemble ne permettant pas d’identifier les personnes. Ces pratiques cherchent à concilier deux impératifs opposés : garantir la transparence vis-à-vis des bailleurs et sauvegarder la dignité et la sécurité des personnes aidées.

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