Afrique du Sud : une publicité Glenlivet accusée d’avoir détourné la marche des femmes de 1956 provoque un tollé
L'actrice Dineo Langa apparaissait dans le clip aux côtés des portraits de figures de la lutte anti-apartheid. Glenlivet a retiré la publicité et présenté ses excuses.

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La marque de whisky Glenlivet, propriété du groupe français Pernod-Ricard, a retiré une publicité controversée après avoir suscité un tollé en Afrique du Sud pour avoir détourné, à des fins commerciales, la mémoire de la marche des femmes du 9 août 1956 contre l’apartheid.
Le clip publicitaire, tourné en noir et blanc, montre l’actrice sud-africaine Dineo Langa en train de trinquer devant les portraits de plusieurs figures de la lutte anti-apartheid, dont Lilian Ngoyi et Sophia Williams-De Bruyn, tandis que la voix de Winnie Madikizela-Mandela vient clore la séquence. Diffusée courant août 2026 à l’occasion du Mois de la femme en Afrique du Sud, la vidéo fait référence à la marche du 9 août 1956, lorsque quelque 20 000 femmes s’étaient rassemblées devant les Union Buildings, siège du gouvernement à Pretoria, pour protester contre l’extension des lois sur le pass aux femmes noires.
Cette récupération publicitaire d’un épisode fondateur de la résistance à l’apartheid est d’autant plus mal perçue que la vente d’alcool aux populations noires et métisses était, sous le régime ségrégationniste, strictement encadrée et utilisée comme un outil de contrôle des townships.
Sophia Williams-De Bruyn, l’une des dernières organisatrices de la marche encore en vie, a fait savoir qu’elle n’avait jamais autorisé l’utilisation de son image. Ses proches, réunis avec la famille de Lilian Ngoyi au sein de la Lilian Ngoyi Foundation et de la Sophie and Henry De Bruyn Legacy Foundation, ont dénoncé dans un communiqué commun l’exploitation de « l’histoire, des images et de l’héritage sacré des femmes de la marche de 1956 » pour vendre du whisky.
Le parti au pouvoir dénonce des « accessoires marketing »
Le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud, a également critiqué la campagne. Sa porte-parole Mahlengi Bhengu-Motsiri a rappelé que ces femmes ne devaient pas être réduites à de simples « accessoires marketing », mais reconnues comme les militantes courageuses qu’elles ont été.
Face à la polémique, Glenlivet a présenté ses excuses et retiré la publicité de ses canaux de diffusion. La marque a annoncé l’ouverture d’une enquête interne sur les conditions de conception et de validation de la campagne. Les familles concernées ont toutefois indiqué attendre une rencontre directe avec les dirigeants de Pernod-Ricard pour obtenir des explications supplémentaires.



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