Accord du Sénégal avec le FMI: les défis de Dakar pour apurer sa dette sans plomber les budgets sociaux

Le Senegal a obtenu un accord technique de 2,2 milliards de dollars avec le FMI, sous condition de traiter sa dette exterieure via le G20. Le ministre Cheikh Diba promet d'epargner les depenses sociales, mais prevoit de revoir les subventions a l'electricite.

ECONOMIE
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Le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus, le 1er septembre, à un accord technique sur un nouveau programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trente-six mois, a annoncé l’institution. L’accord, qui doit encore être validé par le Conseil d’administration du FMI à Washington, s’accompagne d’un engagement de Dakar à traiter sa dette extérieure via le Cadre commun renforcé du G20, un mécanisme censé la rendre soutenable.

Seule la dette libellée en euros et en dollars sera soumise à cette renégociation avec les créanciers extérieurs. La dette régionale en francs CFA, détenue notamment par les banques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), reste exclue de ce traitement, ce qui permet au Sénégal de préserver son accès au marché financier régional.

Le ministère de l’Économie et des Finances a d’ailleurs annoncé vouloir lancer trois appels publics à l’épargne dans les prochains mois pour continuer à lever des fonds sur ce marché. Cette stratégie n’est pas sans risque : la dette intérieure en francs CFA a augmenté de 34 % en 2025, selon le ministère, et représente désormais plus du tiers du stock total de la dette du pays.

Le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, maintenu à son poste lors du récent remaniement gouvernemental, a résumé l’ampleur du fardeau : « Sur 100 francs CFA de recettes de l’État, 25 partent au seul remboursement des intérêts. »

Des négociations complexes avec de multiples créanciers

Le traitement de la dette extérieure passera par un reprofilage, c’est-à-dire un report du paiement de certaines échéances, précise le ministère, qui reste plus évasif sur d’éventuelles réductions des montants à rembourser. Les discussions s’annoncent longues, en raison du nombre et de la diversité des créanciers concernés : la Chine, la France, des détenteurs d’euro-obligations et des banques commerciales, aux intérêts souvent divergents.

Dakar doit néanmoins avancer rapidement : le pays s’est engagé à continuer d’honorer ses échéances, et l’avancée des négociations avec ses créanciers conditionne le déblocage du prêt du FMI.

Le coût social de l’ajustement en question

Cheikh Diba a assuré que l’accord ne provoquerait pas de coupes dans les secteurs sociaux comme la santé ou l’éducation, et a promis 300 milliards de francs CFA pour apurer les arriérés de l’État envers les entreprises publiques. Il a toutefois annoncé une révision des subventions à l’électricité, affirmant que 65 % de leur montant profite actuellement aux consommateurs les plus aisés, une situation qu’il a qualifiée d’« inéquitable et difficilement tenable » pour les finances publiques.

Cette annonce inquiète déjà des organisations de la société civile, dont le Frapp, proche du parti au pouvoir Pastef. Le think tank Legs Africa a de son côté averti que tout allégement du service de la dette devrait se traduire, de manière mesurable, par un renforcement du financement de l’éducation, de la santé, de l’emploi des jeunes et de la protection sociale.

La déclaration de politique générale du chef du gouvernement, attendue le mardi 8 septembre, doit apporter les premiers détails sur la façon dont l’exécutif compte concilier assainissement budgétaire et maintien des dépenses sociales.

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