Sénégal: à Dakar, des centaines de personnes ont manifesté contre la vie chère

Le collectif « 30 jours pour le juste prix » a mobilisé plus de 200 personnes samedi dans les rues de Dakar pour dénoncer la hausse des prix des produits de première nécessité et du logement, sur fond de dette publique record et de tractations avec le FMI.

ECONOMIE
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Vue générale de Dakar, capitale du Sénégal
Photo : Arensond / Wikimedia Commons
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Plus de 200 personnes ont manifesté samedi 5 septembre 2026 dans les rues de Dakar contre la vie chère, à l’appel du collectif « 30 jours pour le juste prix », qui dénonce depuis le début du mois une hausse généralisée des prix des biens et services au Sénégal.

Partis du quartier des Castors, les manifestants ont défilé jusqu’au rond-point du Jet d’eau, à Grand-Dakar, munis de paniers vides pour symboliser l’urgence. Le prix du kilo de viande a bondi de 30 % en un an, selon des témoignages recueillis sur place, rendant coûteuse la préparation du thiéboudène, plat familial quotidien, dont les ingrédients peuvent atteindre 10 000 francs CFA, soit environ 15 euros.

« Je vais avoir cet argent-là où ? Ça fait quatre mois que je ne mange plus de viande, que je ne mange que du poisson », témoigne Aïcha, l’une des manifestantes, qui estime que « la classe moyenne souffre ».

Au-delà du panier des ménages, la mobilisation vise aussi des tarifs jugés déconnectés du niveau de vie des Sénégalais dans les salles de sport, les restaurants et le logement. « Les agences immobilières et les propriétaires doivent savoir qu’ils ne sont pas à Paris, à Bruxelles ou à New York, mais à Dakar, au Sénégal », a lancé Boully Galissa, chef de cabinet du maire de Dakar, venu en simple citoyen.

Un collectif apolitique porté par des influenceurs

La campagne est portée par un collectif se revendiquant apolitique, composé d’influenceurs et de simples citoyens. « Ici, à Dakar, les prix sont excessivement chers comparés à d’autres pays, même d’Afrique, comme les pays frontaliers », dénonce Dieynaba Ndiaye, l’une des porte-voix du mouvement, citant notamment la récente hausse du prix du carburant.

Cette mobilisation intervient alors que le Sénégal tente de rembourser une dette publique estimée à 132 % du produit intérieur brut (PIB) et que les contreparties d’un nouvel accord conclu cette semaine avec le Fonds monétaire international (FMI) restent en partie floues. Le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a annoncé cette semaine la fin des subventions généralisées à l’électricité, une mesure qu’un manifestant, El Hadji, redoute de voir se traduire par une facture sociale supplémentaire pour les ménages.

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