À Paris, le festival Arkawit consacre sa 2e édition au cinéma soudanais entre exil et guerre
Le festival Arkawit, consacré au cinéma soudanais, a ouvert mercredi sa deuxième édition à Paris. Jusqu'au 6 septembre, projections, débats et une exposition photographique explorent la création soudanaise confrontée à l'exil et à la guerre qui frappe le pays depuis 2023.

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Le Festival Arkawit, deuxième édition des Rencontres du film soudanais, a ouvert mercredi 2 septembre à Paris, avec une programmation qui se poursuit jusqu’au 6 septembre, au Goethe-Institut de Paris puis dans la salle La Clef Revival. Organisé par l’Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel (IRCAV) de l’université Sorbonne Nouvelle, en partenariat avec les associations Arkawit et Sudfa Média, l’événement est consacré au cinéma soudanais, sous le thème « Exil.s et engagement.s ».
Selon les organisateurs, la création cinématographique soudanaise reste « largement méconnue en France », malgré une histoire marquée par plusieurs bouleversements politiques.
Une bonne partie des projections est consacrée aux films tournés après 2023, souvent en exil, par de jeunes réalisateurs autodidactes signant leurs premiers courts métrages avec peu de moyens. C’est le cas de Shehab Satti, qui vit aujourd’hui en Égypte et prépare un second court métrage de fiction dans lequel la guerre au Soudan, débutée en avril 2023, est omniprésente.
« Chez nous, en tant qu’artistes, nous sommes impactés par la guerre, présente de manière indirecte dans nos œuvres », explique le réalisateur, dont le premier film, Sérotonine (2018), est projeté pour la première fois en France dans le cadre du festival.
Le cinéma soudanais fragilisé par des décennies de bouleversements
Le cinéma soudanais « a vécu beaucoup de bouleversements politiques qui ont eu un impact très important sur son histoire, notamment le coup militaire de 1989, qui a contribué à la réduction très importante de la production culturelle et cinématographique », explique Kateryna Lobodenko, chercheuse à l’université Sorbonne Nouvelle et cofondatrice du festival. Elle précise qu’il aura fallu plusieurs décennies pour que la production cinématographique du pays renaîsse.
La programmation met également en lumière des cinéastes plus anciens, frappés par des décennies d’interdiction, comme Gadalla Gubara et Hussein Shariffe, aux côtés de créateurs contemporains tels que Rawia Alhag et Timeea Mohamed Ahmed.
Le festival propose aussi l’exposition photographique et textile « Khartoum, les écrans de la mémoire », de l’artiste Frédérique Cifuentes, consacrée aux salles de cinéma en plein air détruites par la guerre, ainsi que des tables rondes réunissant cinéastes, chercheurs et critiques.



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