Zambie : Hakainde Hichilema et Brian Mundubile se disputent une présidentielle annoncée serrée

Les Zambiens voteront le 13 août pour élire leur président et leurs députés. Quatorze candidats sont en lice, mais le scrutin devrait principalement opposer le chef de l’État sortant, Hakainde Hichilema, au candidat de l’opposition Brian Mundubile, sur fond de crise du coût de la vie et de préoccupations concernant les libertés publiques.

POLITIQUE
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Lusaka, capitale de la Zambie
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La campagne entre dans sa dernière ligne droite en Zambie. Le président Hakainde Hichilema, candidat du Parti unifié pour le développement national (UPND), défend son bilan économique depuis son arrivée au pouvoir en 2021. Son principal adversaire, Brian Mundubile, cherche à capitaliser sur le mécontentement lié à l’inflation et à la hausse des prix.

Le camp présidentiel met notamment en avant la restructuration de la dette publique, que Hakainde Hichilema a héritée de la précédente administration. Selon Bizek Jube Phiri, professeur d’histoire politique à l’université de Zambie, le gouvernement estime que cette opération constitue l’un de ses principaux résultats.

Plusieurs analystes reconnaissent que la politique menée par l’UPND a contribué à une amélioration de la stabilité macroéconomique. Cette évolution ne s’est toutefois pas encore traduite par une baisse suffisamment perceptible du coût de la vie pour une grande partie de la population. L’inflation et le pouvoir d’achat sont ainsi devenus les thèmes centraux de la campagne de l’opposition.

La gestion des ressources minières constitue un autre sujet de confrontation. Le cuivre représente une source essentielle de revenus pour l’État zambien, qui a adopté des mesures destinées à attirer davantage d’investissements dans le secteur. Des économistes reprochent cependant au gouvernement d’avoir accordé trop d’avantages aux investisseurs, au risque de réduire les recettes publiques.

Une opposition regroupée autour de Brian Mundubile

Brian Mundubile, ancien député du Front patriotique (PF), porte les couleurs d’une coalition réunissant plusieurs partis d’opposition. Le PF, qui dirigeait le pays avant sa défaite électorale de 2021, s’est affaibli depuis le départ de plusieurs de ses responsables, notamment après la disparition politique de son ancien dirigeant et ex-président Edgar Lungu.

Une partie des cadres et militants du Front patriotique a rejoint cette coalition, formée avec d’autres formations de moindre importance autour du Parti de réconciliation nationale pour l’unité et la prospérité. Cette recomposition vise à rassembler les forces opposées au président sortant et à éviter la dispersion des voix.

Le scrutin pourrait se jouer au second tour. D’après Lee Habasonda, professeur de sciences politiques à l’université de Zambie, l’opposition chercherait à empêcher Hakainde Hichilema d’obtenir la majorité absolue, fixée à 50 % des voix plus une. Dans cette configuration, elle pourrait représenter une menace sérieuse pour le pouvoir.

La bataille s’annonce particulièrement disputée dans les centres urbains, où l’opposition semble disposer d’un ancrage plus important. Elle serait en revanche moins implantée dans les zones rurales, un handicap potentiel dans un pays où le vote rural pourrait être déterminant.

Des inquiétudes sur les libertés publiques

La campagne est également marquée par des critiques concernant l’évolution des libertés publiques. Linda Kasonde, avocate et présidente de la fondation LCK Freedom, affirme que les lois sur la cybersécurité et la cybercriminalité sont utilisées pour limiter l’expression civique.

Selon elle, le gouvernement avait promis d’abroger les textes adoptés sous les précédentes administrations, mais les a remplacés par deux nouvelles lois jugées tout aussi restrictives par les organisations de défense des droits. Linda Kasonde estime que ces dispositions ont créé un effet dissuasif et que certains citoyens évitent désormais de s’exprimer publiquement par crainte de poursuites.

Elle cite notamment le cas de Fred M’membe, journaliste, fondateur du Parti socialiste zambien et actuellement poursuivi pour cybercriminalité. Les charges retenues contre lui et l’issue de la procédure relèvent toutefois de la justice zambienne.

La responsable évoque également des incidents survenus lors de rassemblements de l’opposition. Elle affirme que des partisans du pouvoir auraient tenté de disperser des foules réunies sur des sites de campagne, avec des violences, des jets de pierres et des blessés. Ces accusations n’ont pas été détaillées dans les informations disponibles ni établies par une décision de justice.

Les deux principaux candidats ont appelé leurs partisans à éviter les violences et à respecter le processus électoral. Le scrutin présidentiel se déroulera en même temps que les élections législatives, qui détermineront la composition du Parlement et la capacité du prochain gouvernement à faire adopter son programme.

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