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Texas : un prêtre nigérian encourt la prison à vie pour agressions sexuelles

Un prêtre catholique d’origine nigériane, Anthony Odiong, a été reconnu coupable au Texas d’agressions sexuelles sur deux femmes qu’il accompagnait spirituellement. Âgé de 57 ans, l’ancien prêtre, déjà suspendu depuis 2019, encourt jusqu’à la prison à vie pour le chef d’agression sexuelle au premier degré retenu contre lui.

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Eveche
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Pigier Cisco

Anthony Odiong, prêtre catholique romain d’origine nigériane âgé de 57 ans, a été reconnu coupable vendredi 29 mai par un jury de Waco, au Texas, d’un chef d’agression sexuelle au premier degré et de deux chefs d’agression sexuelle au second degré, pour des actes commis sur deux femmes placées sous sa direction spirituelle. Le jury, composé de huit femmes et quatre hommes, a délibéré environ deux heures avant de rendre son verdict. Le juge du tribunal de district Thomas West l’a fait placer immédiatement en détention à l’issue de la lecture du verdict. La phase de détermination de la peine, conduite par le même jury, devait débuter lundi 1er juin. Le chef de premier degré expose Odiong à une peine maximale de prison à vie en application du droit texan. Chacun des deux chefs de second degré est passible de deux à vingt ans d’emprisonnement.

Odiong, qui avait plaidé non coupable, était poursuivi pour avoir exploité son autorité cléricale afin de contraindre deux femmes à entretenir des relations sexuelles avec lui, alors qu’il leur prodiguait un accompagnement spirituel lors de périodes de fragilité émotionnelle. Le Texas figure parmi la douzaine d’États américains disposant d’une loi spécifique qui érige en crime d’agression sexuelle tout contact sexuel initié par un clerc ou responsable spirituel en position d’autorité sur un adulte émotionnellement dépendant. La qualification au premier degré résulte du fait que la victime principale est une femme qu’Odiong était légalement empêché d’« épouser ou de prétendre épouser » en vertu du droit texan.

Les deux victimes, désignées sous les pseudonymes Mary Doe et Jane Doe, avaient rencontré Odiong lorsqu’il officiait au St Peter Catholic Center de Waco, un établissement fréquenté par des étudiants et des employés de l’Université Baylor. Mary Doe a témoigné qu’Odiong avait entamé une relation sexuelle durable avec elle à partir de 2008, alors qu’elle traversait un divorce difficile et élevait sept enfants. Jane Doe a déclaré avoir été contrainte à des actes sexuels sous couvert d’accompagnement spirituel. La défense avait plaidé le consentement, sans convaincre le jury.

Une enquête de presse à l’origine du déclenchement judiciaire

La procédure pénale a été déclenchée directement par une enquête du quotidien britannique The Guardian publiée en février 2024, qui avait détaillé des accusations de coercition sexuelle, de contacts physiques non désirés et de manipulation financière formulées par plusieurs femmes ayant connu Odiong lors de son ministère au Texas et en Louisiane. Mary Doe avait elle-même remis le reportage à la police de Waco pour signaler les faits la concernant. L’enquête avait permis d’identifier une seconde plaignante, Jane Doe, et les investigations subséquentes avaient apporté des éléments complémentaires, dont une preuve ADN établissant qu’Odiong avait eu un enfant en 2023 avec une troisième femme, identifiée sous le pseudonyme Presley Jones, qu’il accompagnait spirituellement comme pasteur de l’église Saint-Antoine-de-Padoue à Luling, en Louisiane.

Cette troisième femme n’a pas été retenue dans l’acte d’accusation texan car la Louisiane ne dispose pas d’une loi comparable à celle du Texas. Une quatrième femme, dans un état émotionnel décrit comme « extrêmement fragile » et « très précaire », n’a pas comparu à l’audience ; les procureurs Ryan Calvert et Liz Buice ont choisi de ne pas la contraindre à témoigner, abandonnant la partie de l’acte d’accusation la concernant. Des témoins experts ont indiqué au tribunal que les membres du clergé ont le devoir de maintenir des frontières professionnelles et spirituelles strictes avec les personnes sous leur soin pastoral.

Un parcours suspendu depuis 2019

Né au Nigeria, Odiong avait été ordonné prêtre en 1993, avant d’émigrer aux États-Unis, où il avait obtenu la nationalité américaine. Il avait successivement exercé son ministère au St Peter Catholic Center de Waco au Texas, puis à l’église Saint-Antoine-de-Padoue à Luling, en Louisiane, sous la juridiction de l’archidiocèse de La Nouvelle-Orléans dirigé par le cardinal Gregory Aymond. Les autorités diocésaines l’avaient suspendu de son ministère en 2019 à la suite de premières allégations de comportements inappropriés. L’archidiocèse de La Nouvelle-Orléans n’avait cependant retiré Odiong de son poste à Luling qu’en décembre 2023, alors que plusieurs plaignantes avaient auparavant tenté de le signaler aux autorités ecclésiastiques et à la police.

Odiong avait été arrêté en Floride en juillet 2024 — initialement pour détention d’images pédopornographiques — avant d’être inculpé par un grand jury texan des trois chefs d’agression sexuelle. Une plaignante, dont les avocats Chris King et Robert Callahan ont transmis une déclaration à la chaîne KTRE, avait alors formulé : « J’ai cherché une direction spirituelle auprès d’Anthony Odiong pendant l’une des phases les plus sombres de ma vie. Au lieu de m’aider, il a exploité ma vulnérabilité et ma confiance. » Ses avocats ont indiqué qu’elle avait l’intention de poursuivre Odiong et les institutions ecclésiastiques sous l’autorité desquelles il avait exercé. La présomption d’innocence, qui protégeait Odiong jusqu’au verdict, ne s’applique plus aux chefs pour lesquels il a été reconnu coupable vendredi.

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