Soudan : les coupes dans l’aide forcent la fermeture de 36 structures de santé

Trente-six structures de santé soutenues par l’International Rescue Committee doivent fermer au Soudan faute de financements, privant potentiellement près de 474 000 personnes de services essentiels dans un système médical déjà ravagé par plus de trois ans de guerre.

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Vue aérienne de Khartoum et du Nil au Soudan
Photo : AbhiSuryawanshi / Wikimedia Commons
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Au Soudan, les coupes dans l’aide internationale contraignent 36 structures et sites de santé soutenus par l’International Rescue Committee (IRC) à fermer au cours de l’année 2026, ce qui doit priver environ 473 700 personnes d’un accès de proximité à des soins essentiels. L’alerte, relayée mardi 8 septembre par l’Associated Press, intervient alors que le système de santé soudanais reste profondément affaibli par plus de trois ans de guerre.

Selon Mohammed Mahdi, directeur de l’IRC pour l’est du Soudan, quelques établissements pourront continuer à fonctionner temporairement grâce à des financements relais, mais cette marge ne devrait pas aller au-delà de la fin septembre. Les fermetures touchent des services de soins primaires dans plusieurs régions où les déplacements, l’insécurité et la hausse du coût des transports compliquent déjà l’accès aux hôpitaux encore ouverts.

La contraction des financements s’est accélérée après l’arrêt, en juin, de plusieurs subventions dont dépendaient des organisations humanitaires présentes au Soudan. Médecins Sans Frontières (MSF), qui ne dépend pas de financements gouvernementaux pour ses propres activités, explique néanmoins subir les effets indirects du retrait d’autres acteurs : davantage de patients se reportent vers ses structures, tandis que des chaînes d’approvisionnement, des systèmes de référence et des services de proximité disparaissent.

Dans le Darfour central, MSF indique que 45 centres de soins de santé primaires ont cessé de recevoir un soutien en mai. Entre janvier et avril 2026, les admissions dans les structures appuyées par l’organisation à Zalingei et Rokero ont augmenté de 22,5 % par rapport à la même période de 2025, signe d’une pression croissante sur les établissements qui restent opérationnels.

La situation est également critique dans l’est du pays. Au camp de Tanedba, qui accueille environ 18 400 réfugiés, huit organisations ont déjà cessé leurs activités et le départ d’un opérateur en juin a entraîné la fermeture de services de maternité et de chirurgie. MSF assure désormais les accouchements d’urgence et transfère les patientes nécessitant une intervention vers Al-Gedaref ou Hawata, à plusieurs heures de route.

Un système de santé déjà au bord de la rupture

La crise de financement s’ajoute à des dégâts structurels considérables. En avril, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estimait que 37 % des structures sanitaires du Soudan n’étaient plus fonctionnelles et que 21 millions de personnes n’avaient pas accès aux services de santé dont elles avaient besoin. L’OMS évaluait par ailleurs à 34 millions le nombre de personnes nécessitant une aide humanitaire en 2026.

Dès le 17 juin, le Health Cluster dirigé par l’OMS avait averti que la fin de financements américains risquait d’affecter 335 structures et services de santé dans 13 États, avec un impact potentiel sur 3,35 millions de personnes et 1 848 travailleurs de santé. Le dispositif recensait notamment 126 centres de soins primaires suspendus et sept hôpitaux dont les services avaient également été suspendus.

Les flambées épidémiques aggravent les risques

Les fermetures interviennent alors que plusieurs maladies continuent de circuler dans le pays. L’OMS a signalé en 2026 des flambées de paludisme, de rougeole, de dengue, de diphtérie et d’hépatite E dans plusieurs États. MSF rapporte pour sa part une forte poussée de rougeole au Darfour, où une grande partie des patients pris en charge ne sont pas vaccinés.

La guerre opposant depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide a détruit ou désorganisé une large partie des infrastructures médicales, déplacé des millions de personnes et rendu l’acheminement de l’aide humanitaire et de médicaments extrêmement difficile. Pour les organisations humanitaires, la réduction simultanée des financements et de l’offre de soins accroît le risque de retards de prise en charge, de complications évitables et de propagation d’épidémies dans les zones déjà les plus fragiles.

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