Ghana : l’APPM ouvre un marché de 1,4 milliard d’Africains aux vaccins locaux
Le Ghana a rejoint l’African Pooled Procurement Mechanism (APPM), ouvrant aux fabricants locaux de vaccins et de produits pharmaceutiques un accès structuré à la demande agrégée des 55 États membres de l’Union africaine.

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Le Ghana a rejoint l’African Pooled Procurement Mechanism (APPM), le mécanisme continental piloté par Africa CDC pour regrouper les achats de produits de santé. L’accord ouvre aux fabricants ghanéens de vaccins et de médicaments un accès structuré à une demande couvrant les 55 États membres de l’Union africaine, soit un marché potentiel de plus de 1,4 milliard de personnes.
Le protocole d’accord a été signé le 21 août à Accra par le ministre ghanéen de la Santé, Kwabena Mintah Akandoh, et le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya. L’annonce publique faite le 7 septembre place désormais le Ghana dans la phase d’opérationnalisation d’un dispositif conçu pour agréger les besoins, stabiliser les commandes et donner davantage de visibilité aux producteurs africains.
Pour Accra, l’enjeu est autant industriel que sanitaire. Le marché intérieur ghanéen, d’environ 33 millions d’habitants, reste trop étroit pour amortir facilement certains investissements lourds dans la fabrication de vaccins. En rejoignant l’APPM, les entreprises locales pourront se positionner sur des appels d’offres continentaux, sous réserve de satisfaire aux exigences de qualité, de capacité et de conformité réglementaire.
Le Ghana veut aussi réduire le risque qui freine les investissements dans son industrie pharmaceutique. Les autorités travaillent parallèlement à un système d’engagements d’achat anticipé afin de donner aux fabricants une meilleure visibilité sur la demande future. Cette approche doit compléter les efforts engagés pour faire du pays un pôle régional de production de vaccins, sérums et autres produits de santé.
Un mécanisme conçu pour donner de la taille au marché africain
L’APPM a été formellement approuvé par l’Union africaine en 2024. Son principe est de mutualiser les besoins des pays afin d’améliorer le pouvoir de négociation, de sécuriser les approvisionnements et de soutenir la production locale. Africa CDC a déjà engagé la préqualification des fabricants africains, avec un processus qui examine notamment la conformité réglementaire, les capacités industrielles, les gammes de produits, l’expérience à l’export et la solidité financière.
L’adhésion ghanéenne ne signifie donc pas que les fabricants locaux obtiennent automatiquement des marchés. Ils devront passer les procédures de sélection et continuer à respecter les règles nationales. La Food and Drugs Authority du Ghana conserve ses prérogatives sur les autorisations de mise sur le marché, les contrôles à l’importation, la libération des lots et la surveillance après commercialisation.
Le National Vaccine Institute estime que le dispositif peut changer l’échelle économique de la production locale. Des produits comme les vaccins tétanos-diphtérie, l’anti-tétanique et certains sérums pourraient à terme viser un débouché continental plutôt que dépendre du seul marché ghanéen. Cette stratégie s’inscrit dans l’objectif plus large de l’Union africaine de produire localement 60 % des besoins du continent en vaccins d’ici 2040.
Cette nouvelle étape intervient alors que le Ghana cherche déjà à renforcer son système de santé et sa capacité de réponse aux crises. Le pays a récemment étendu les soins primaires gratuits à 4 574 structures, signe d’un effort parallèle sur l’accès aux services et sur la souveraineté sanitaire.
La prochaine échéance est fixée à novembre à Accra, où une réunion régionale sur l’APPM doit préciser le catalogue de produits, les spécifications techniques et les modalités d’exécution. C’est à ce stade que l’accord pourra commencer à se traduire en opportunités commerciales concrètes pour les fabricants ghanéens.



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