Soudan du Sud : le pays à la croisée des chemins, alerte l’ONU

À quelques mois des premières élections nationales organisées depuis l’indépendance du Soudan du Sud, la violence continue de progresser et la transition politique reste bloquée. Des acteurs du processus de paix demandent des mesures urgentes pour renforcer la protection des civils, élargir la participation des femmes et créer les mécanismes de justice prévus par l’accord de 2018.

POLITIQUE
44 vues
Le Soudan du Sud
PH: DR
3 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Les conditions nécessaires à la tenue d’un scrutin crédible et inclusif sont encore loin d’être réunies, selon les éléments présentés aux Nations unies. La Commission mixte reconstituée de suivi et d’évaluation de l’accord de paix ainsi que la principale organisation de défense des femmes et des filles au Soudan du Sud ont renouvelé plusieurs recommandations déjà formulées ces dernières années, mais dont la mise en œuvre reste limitée.

La première concerne le mandat de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS). Les organisations souhaitent que la protection des civils, en particulier des femmes et des filles exposées aux violences sexuelles liées au conflit, y soit davantage consolidée.

Elles demandent également la création rapide du tribunal hybride pour le Soudan du Sud, ainsi que la mise en place de la Commission pour la vérité, la réconciliation et la guérison. Ces institutions figurent parmi les engagements prévus par l’accord de paix revitalisé signé en 2018, mais n’ont pas encore été pleinement établies.

La participation des femmes reste inférieure à l’objectif fixé

Les défenseurs du processus de paix réclament par ailleurs une implication accrue des femmes dans les élections et dans les mécanismes constitutionnels, judiciaires et politiques de la transition. Ils souhaitent que leur représentation dépasse enfin le quota minimal de 35 % prévu dans les arrangements politiques.

La participation des femmes demeure un enjeu central dans un pays où les violences liées aux affrontements armés et les tensions communautaires continuent de fragiliser la population. Leur présence dans les institutions de décision est présentée comme une condition nécessaire à un processus politique plus représentatif.

Les acteurs consultés demandent enfin au Conseil de sécurité des Nations unies d’user de son influence pour favoriser un accord plus large entre les partis politiques et les organisations de la société civile. Ils souhaitent notamment l’envoi à Juba d’une mission chargée d’établir un dialogue de confiance avec l’ensemble des parties prenantes.

Prévu en décembre, le scrutin doit constituer une étape déterminante pour la transition politique du Soudan du Sud, indépendant depuis 2011. L’intensification des violences, les retards dans l’application de l’accord de paix et l’absence de consensus politique font toutefois peser des incertitudes sur son calendrier et sur sa crédibilité.

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
13:03 Bénin vision 2060 : le Conseil national de l’Éducation mise sur les filières scientifiques et professionnelles