Cameroun : quatre journalistes libérés après cinq jours de garde à vue pour des lunettes
Interpellés alors qu’ils couvraient un événement officiel à Yaoundé, quatre journalistes camerounais ont été libérés lundi après cinq jours de garde à vue. Le soupçon initial portait sur la disparition des lunettes du ministre de l’Économie, retrouvées ensuite dans son véhicule selon un média local.

Quatre journalistes camerounais ont retrouvé la liberté lundi 21 septembre après cinq jours de garde à vue à Yaoundé. François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili avaient été interpellés alors qu’ils couvraient un événement officiel, sur fond de soupçons liés à la disparition des lunettes du ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey.
Les quatre professionnels, respectivement liés à Chine Afrique, Inform Plus, Univers Info.net et Le Procès International, avaient été arrêtés le 16 septembre au Palais des Congrès de Yaoundé pendant la clôture des Journées du Groupe de la Banque islamique de développement. Selon le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC), ils ont d’abord été conduits au commissariat du 10e arrondissement de Bastos avant d’être transférés au commissariat central n°1.
Le média camerounais LeBledParle rapporte que les lunettes recherchées ont été retrouvées dès le lendemain dans le véhicule personnel du ministre. La procédure s’est néanmoins poursuivie autour d’une autre suspicion, celle d’une « intrusion non autorisée » dans une réunion à huis clos. Les journalistes ont été présentés au parquet le 18 septembre avant le retour du dossier vers la police pour des investigations complémentaires, selon le même média.
Le SPIC avait dénoncé une détention qu’il jugeait « arbitraire et abusive ». Dans un communiqué daté du 19 septembre, le syndicat soulignait que les quatre journalistes se trouvaient sur les lieux dans le cadre de leur activité professionnelle et annonçait des démarches juridiques et de plaidoyer à partir du 21 septembre.
Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) a également réagi lundi. L’organisation a demandé la libération immédiate des quatre professionnels, appelé au respect de la présomption d’innocence et dénoncé ce qu’elle considère comme une atteinte aux libertés de presse et d’expression.
Les quatre journalistes ont finalement été remis en liberté le 21 septembre. LeBledParle indique qu’aucune charge n’a été retenue contre eux à l’issue des investigations disponibles à ce stade. Le communiqué du SPIC avait prévu de lancer ce même jour des recours et actions de plaidoyer pour contester leur maintien en détention.



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