Sophie Marceau : « Je me suis arrêtée au soutien‑gorge »
Sophie Marceau, aujourd’hui âgée de 59 ans, raconte un souvenir de casting à 18 ans où on lui a demandé de se déshabiller : elle accepte d’enlever son tee‑shirt puis « s’est arrêtée au soutien‑gorge », a-t‑elle déclaré dans Madame Figaro. Ce témoignage s’inscrit dans une remise en question plus large des pratiques de casting, dévoilées au grand jour par la vague Me Too et par la parole retrouvée de plusieurs comédiennes qui décrivent des situations ambivalentes entre exigence artistique et pressions implicites.

SOMMAIRE
Dans l’industrie cinématographique, les castings ont longtemps navigué dans une zone de flou où se mêlent exigences professionnelles, rapports de pouvoir et demandes jugées « nécessaires » pour le réalisme d’un rôle. Pendant des années, ces épisodes sont restés racontés à voix basse dans les coulisses ; depuis quelques années, ils font l’objet d’un regard public et d’un questionnement accru sur la manière dont sont conduites les auditions, notamment lorsqu’elles impliquent des scènes de nu ou d’intimité.
Plusieurs témoignages décrivent une « zone grise » : malaise, attentes implicites et demandes déstabilisantes qui ne constituent pas forcément un crime caractérisé mais mettent en évidence un rapport de force entre jeunes actrices et décideurs installés. Dire non peut paraître impossible pour une débutante qui redoute de perdre une opportunité professionnelle.
Castings et zone grise du consentement
Le cas relaté par Sophie Marceau illustre cette tension. Invitée à auditionner pour un studio hollywoodien alors qu’elle venait d’avoir 18 ans, elle rapporte avoir été invitée à se déshabiller au cours de l’essai au motif que le rôle comporterait des scènes de nu. Pour montrer son sérieux, elle accepte d’ôter son tee‑shirt mais pose elle‑même une limite : elle s’arrête au soutien‑gorge. « Ça m’est arrivé bien sûr, je ne me suis pas mise nue, j’ai arrêté au soutien‑gorge », confie‑t‑elle dans les colonnes de Madame Figaro.
Selon les témoignages évoqués, la justification artistique — prouver l’absence de « blocages » — a longtemps servi de cadre pour des sollicitations jugées intrusives par certaines comédiennes. Beaucoup ont raconté que, jeunes et aspirant au métier, elles considéraient ces demandes comme des étapes « normales » du processus, avant de réaliser avec le temps et le recul que certaines pratiques n’auraient pas dû avoir lieu, surtout quand la personne en face est à peine majeure.
Le secteur a commencé à évoluer : certaines productions mettent désormais en place des coordinateurs d’intimité, des procédures écrites et des limites plus claires pour encadrer les scènes intimes et protéger les interprètes. Le témoignage de Sophie Marceau, qui occupe une place singulière dans le cinéma français, alimente le débat sur la responsabilité des adultes et des structures vis‑à‑vis des débutantes et sur la nécessité d’espaces d’audition qui respectent les limites personnelles.

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