Serge Gainsbourg : cessation de paiements et abus de bien social mettent en péril la maison

Ce 2 mars 2026, jour du 35e anniversaire de la disparition de Serge Gainsbourg, la maison du 5 bis rue de Verneuil reste au centre d’un feuilleton judiciaire et financier qui a failli entraîner la fermeture du lieu transformé en musée. Ouverte au public le 20 septembre 2023, la Maison Gainsbourg a rapidement attiré un public international mais aussi des difficultés économiques qui ont abouti à une décision de reprise validée en janvier 2026.

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Serge Gainsbourg : redressement judiciaire, cessation de paiements, abus de bien social… sa maison est menacée
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Serge Gainsbourg a vécu dans cet hôtel particulier du 7e arrondissement de Paris de 1969 jusqu’à sa mort le 2 mars 1991. La maison, restée en grande partie figée dans son état d’origine, conserve objets personnels, mobilier, manuscrits et œuvres d’art. Propriété de sa fille, Charlotte Gainsbourg, le site comprend également une librairie-boutique et un piano-bar, le Gainsbarre, installés au 14 rue de Verneuil. Classée « patrimoine d’intérêt régional » en 2021 et labellisée « Maison des Illustres », elle a bénéficié d’un soutien régional et de partenaires privés.

Malgré un accueil public massif et un chiffre d’affaires proche de 4 millions d’euros, la société d’exploitation (SEHPSGA) a été placée en redressement judiciaire le 18 septembre 2024 pour cessation des paiements. Les comptes font apparaître des factures impayées, des dettes fournisseurs estimées à environ 1,6 million d’euros et un endettement bancaire de 3,5 millions d’euros. Des tensions internes entre les deux associés à parts égales — Charlotte Gainsbourg et le promoteur immobilier Dominique Dutreix, via sa société Coffim — ont aggravé la situation.

Des mouvements financiers contestés et une reprise judiciaire

Le tribunal de commerce de Paris a relevé des « prélèvements litigieux » de plusieurs centaines de milliers d’euros entre différentes structures liées à Dominique Dutreix, sans validation formelle, des mouvements considérés comme ayant fragilisé la trésorerie dès le lancement du projet. En mars 2024, puis en appel le 19 décembre 2024, la justice a condamné Dominique Dutreix à verser 988 383 euros pour contribuer à l’apurement des dettes, dont 505 683 euros à titre d’avance en compte courant. Il a annoncé un pourvoi en cassation, recours non suspensif.

Charlotte Gainsbourg a engagé plusieurs procédures, y compris une plainte pénale pour abus de biens sociaux, reprochant à son associé une gestion qui aurait conduit la structure dans le rouge. Détenant chacun 50 % du capital, elle ne pouvait toutefois écarter unilatéralement Dutreix. Celui-ci a indiqué être disposé à se retirer à condition que ses cautions personnelles, évaluées à 2,5 millions d’euros, soient reprises et que la valorisation de ses parts tienne compte des sommes engagées pour la remise en état du lieu.

En janvier 2026, le tribunal des activités économiques de Paris a validé la vente de la société d’exploitation à Avoda, entreprise présidée par Philippe Dabi, fondateur du groupe Bioclinic et proche de Charlotte Gainsbourg. L’offre de reprise, estimée à 850 000 euros, couvre l’ensemble des actifs de la société d’exploitation. Charlotte Gainsbourg est autorisée à entrer au capital de la nouvelle structure avec une participation minoritaire. Selon l’avocat de la famille, cette décision permet de « consolider l’édifice financier » et d’apurer les dettes accumulées.

La maison continue d’accueillir des visiteurs, les visites étant limitées à une trentaine de minutes et l’intérieur ayant été filmé dans le documentaire Jane par Charlotte ainsi que dans le clip Lying with You de Charlotte Gainsbourg. Le pourvoi en cassation de Dominique Dutreix et la procédure pénale pour abus de biens sociaux restent en cours.

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