Séoul veut alléger les sanctions si Pyongyang gèle son programme nucléaire
Le président sud-coréen Lee Jae Myung propose d’assouplir les sanctions américaines en échange d’un gel du programme nucléaire nord-coréen. Séoul estime que Pyongyang pourrait déjà produire entre 10 et 20 armes nucléaires par an.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung veut que les États-Unis envisagent un allègement des sanctions contre la Corée du Nord si Pyongyang accepte de geler le développement de ses armes nucléaires, selon un entretien au New York Times rapporté mardi 22 septembre par Reuters.
Pour Lee, ce gel constituerait une première étape avant toute réduction puis démantèlement de l’arsenal. Il estime que la stratégie actuelle ne freine plus suffisamment le programme nord-coréen. Selon lui, les services de renseignement sud-coréens considèrent que Pyongyang pourrait déjà produire entre 10 et 20 armes nucléaires par an.
Dans un entretien distinct accordé directement à Associated Press, le président sud-coréen a défendu une démarche par étapes : arrêter d’abord l’expansion du programme, réduire ensuite les capacités, puis viser le démantèlement. Il juge nécessaire d’accompagner ce processus d’incitations économiques et politiques plutôt que d’exiger une dénucléarisation complète comme préalable à tout dialogue.
Lee a également dit craindre qu’un arsenal toujours plus important ne crée à terme un risque de transfert d’armes ou de technologies nucléaires à l’étranger. Sa ligne prolonge la position exposée le 15 août, lorsqu’il avait proposé l’ouverture de discussions intercoréennes pour mettre officiellement fin à la guerre de Corée et examiner des moyens concrets d’arrêter l’avancée du programme nucléaire nord-coréen.
La proposition intervient alors que Pyongyang poursuit ses démonstrations militaires. Le 20 septembre, la Corée du Nord a procédé à un nouveau tir balistique depuis sa côte est, dans une séquence de tests que les autorités nord-coréennes présentent comme un renforcement de leur capacité de dissuasion. Quelques jours plus tôt, Kim Yo Jong avait qualifié le statut nucléaire du pays d’« irréversible » après une résolution critique de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Donald Trump cherche parallèlement à rouvrir un canal direct avec Kim Jong Un. Washington a réduit certains exercices militaires conjoints avec Séoul pour favoriser une reprise du dialogue, sans obtenir jusqu’ici d’engagement public de Pyongyang.
Lee Jae Myung doit exposer cette semaine sa stratégie de paix pour la péninsule coréenne à l’Assemblée générale des Nations unies, où il veut défendre une approche graduelle plutôt qu’une dénucléarisation imposée comme condition préalable à toute négociation.



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