Guinée : cinq ans après le coup d’État, un bilan contrasté pour Mamadi Doumbouya

Cinq ans après avoir renversé Alpha Condé le 5 septembre 2021, le colonel devenu président Mamadi Doumbouya affiche d'importants engagements d'investissement dans le secteur minier, mais son bilan est vivement critiqué par les organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des disparitions forcées et l'absence de justice.

POLITIQUE
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Mamadi Doumbouya, Président de la Guinée
Mamadi Doumbouya, Président de la Guinée PH: DR
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Il y a cinq ans, le 5 septembre 2021, des militaires guinéens emmenés par le colonel Mamadi Doumbouya renversaient le président Alpha Condé. À la tête des putschistes, Mamadi Doumbouya promettait alors de rendre le pouvoir aux civils. Depuis, il est devenu président de la République, élu le 28 décembre 2025 avec 86,72 % des voix, lors d’un scrutin disputé sans les principaux partis d’opposition.

Sur le plan économique, le chef de l’État guinéen peut se prévaloir d’engagements d’investissement importants dans le secteur minier, qui placent la Guinée parmi les destinations les plus attractives d’Afrique subsaharienne pour les investissements directs étrangers.

Ce bilan économique contraste toutefois avec de vives critiques sur le plan des droits humains. Dans un pays où les manifestations restent interdites, la société civile et les partis d’opposition dénoncent près de trente disparitions forcées. Dix jours après la découverte d’une nouvelle fosse commune dans la région de Forécariah, aucune avancée concrète de l’enquête n’a été annoncée par les autorités.

Pour Mohamed Lamine Souaré, coordinateur en France du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), Mamadi Doumbouya n’a pas tenu ses engagements. « Il avait promis de rendre le pouvoir aux civils, en tant que militaire qui n’était pas venu pour s’éterniser au pouvoir. Et donc cet engagement n’a pas été respecté (…) Nous constatons que le bilan est accablant, catastrophique par rapport à tout ce qu’il avait promis », a-t-il déclaré.

Un dossier judiciaire sensible autour d’un juge radié

Le sort du juge Algassimou Diallo, connu pour son rôle dans le procès du 28-Septembre, illustre les tensions autour de l’appareil judiciaire guinéen. Le magistrat a été radié puis placé en détention, après avoir été suspecté de « provocation à la discrimination et à la haine ». Fin août, Mamadi Doumbouya a néanmoins réaffirmé « sa détermination à servir le peuple ».

Le FNDC dénonce un recul des libertés

Mohamed Lamine Souaré affirme également que la Guinée « ne fait que reculer sur le plan international, comme dans le cas de la liberté d’expression, ou de la liberté de circulation ». Il cite notamment la disparition de Foniкé Menguè et Mamadou Billo Bah, deux figures de la société civile, et affirme que les corps retrouvés récemment à Forécariah « sont certainement des personnes qui ont été exécutées ».

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