Qualité de l’air : l’OMM alerte sur la pollution des incendies

L’OMM avertit que la multiplication des incendies extrêmes et des vagues de chaleur menace les progrès réalisés sur la qualité de l’air, avec une hausse des particules fines dans plusieurs régions, dont l’Afrique occidentale et centrale.

ENVIRONNEMENT
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Un épais voile de fumée d’incendies au-dessus de Mississauga au Canada en juillet 2026
Photo : The Eloquent Peasant / Wikimedia Commons
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L’Organisation météorologique mondiale (OMM) avertit que la multiplication des incendies extrêmes et des vagues de chaleur menace les progrès réalisés sur la qualité de l’air. Dans son Bulletin sur la qualité de l’air et le climat publié ce lundi 7 septembre, l’agence des Nations unies souligne que les fumées de feux deviennent une source croissante de particules fines dangereuses pour la santé.

Le rapport porte notamment sur les PM2,5, des particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres capables de pénétrer profondément dans les poumons et de passer dans le sang. Elles proviennent de nombreuses sources, dont l’industrie, les transports, l’agriculture, le chauffage résidentiel, les poussières et les incendies.

En 2025, les concentrations de PM2,5 ont dépassé leur moyenne de long terme dans le nord du Canada, une partie de la Russie et en Afrique occidentale et centrale, en lien avec une activité accrue des feux, indique l’OMM. Le nord-ouest de l’Espagne a également connu un épisode marqué après des incendies exceptionnels à la fin de l’été.

L’agence relève que la baisse des émissions industrielles et liées aux transports observée dans certaines régions développées ne suffit plus à compenser l’exposition croissante aux fumées d’incendies. Reuters, qui a analysé le bulletin, souligne que cette évolution complique le respect des recommandations sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé.

Une étude citée dans le bulletin estime que les événements extrêmes de fumée d’incendies ont triplé à l’échelle mondiale depuis les années 1990. Ils auraient contribué à près de 100 000 décès supplémentaires par an entre 2010 et 2018, un chiffre que les auteurs considèrent comme potentiellement sous-estimé.

L’OMM estime aussi que les méthodes classiques d’évaluation du risque peuvent sous-évaluer la mortalité attribuable aux feux, car elles ne tiennent pas toujours compte de la toxicité particulière des particules issues des incendies. Une étude épidémiologique citée par l’organisation évoque une sous-estimation pouvant atteindre 93 %.

Le bulletin attire enfin l’attention sur l’ozone au niveau du sol, favorisé par les fortes chaleurs, ainsi que sur le carbone noir et les microplastiques atmosphériques, encore insuffisamment suivis. L’OMM appelle à renforcer les réseaux d’observation au sol et à coordonner les politiques climatiques et de qualité de l’air, deux enjeux qu’elle juge indissociables.

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