Graphite : à qui appartient Balama, la plus grande mine d’Afrique ?

Le gisement mozambicain de Cabo Delgado, présenté comme la plus grande mine de graphite d’Afrique, reste majoritairement détenu par le groupe australien Syrah Resources, mais les négociations en cours à Maputo et l’intérêt affiché par Washington pourraient redessiner son actionnariat.

ECONOMIE
0 vues
Maputo au Mozambique
Maputo au Mozambique
2 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Qui possède réellement Balama, présentée comme la plus grande mine de graphite d’Afrique ? Relancée en juin 2025 après un arrêt de six mois consécutif aux troubles survenus au Mozambique en 2024, l’exploitation du gisement de Cabo Delgado reste détenue à 95% par le groupe minier australien Syrah Resources, via sa filiale locale Twigg Exploration and Mining Limitada, l’Etat mozambicain conservant une participation gratuite de 5%, selon le dernier rapport opérationnel de l’entreprise publié fin juillet 2026.

Le fonctionnement de la mine reste toutefois limité et conditionné à la vigueur de la demande mondiale de graphite naturel. Pour l’année 2026, Syrah Resources vise une production comprise entre 60 000 et 80 000 tonnes, très en deçà de la capacité nominale du site, évaluée à 350 000 tonnes par an.

Cotée à la Bourse australienne (ASX), Syrah Resources est elle-même contrôlée majoritairement par des investisseurs institutionnels australiens. Le fonds de pension AustralianSuper en est le principal actionnaire, avec près de la moitié du capital identifié, devant le gestionnaire Paradice Investment Management.

Dans son rapport de fin juillet, Syrah Resources indique poursuivre les discussions avec le gouvernement mozambicain autour d’une réforme qui porterait la participation gratuite de Maputo dans les projets miniers de 5% à 15%. Si elle s’applique à Balama, cette réforme renforcerait mécaniquement le poids de l’Etat mozambicain dans le capital, au détriment de celui de Syrah.

Washington veut aussi entrer au capital

Le dossier s’est encore complexifié avec l’entrée en scène d’un troisième acteur : l’agence américaine de financement du développement (DFC), qui a proposé de convertir environ 31 millions de dollars de son prêt à Syrah Resources en une participation d’environ 20% dans l’entreprise. Cette option, si elle se concrétise, renforcerait la présence américaine dans un gisement considéré comme stratégique pour les chaînes d’approvisionnement en graphite, un minérai essentiel à la fabrication de batteries.

Sur le plan commercial, Syrah Resources a par ailleurs annoncé en mars un accord d’approvisionnement de sept ans avec des clients japonais, portant sur une fourniture annuelle de 34 000 à 68 000 tonnes de graphite naturel.

Les textes réglementaires mozambicains encadrant la hausse de la participation gratuite de l’Etat de 5% à 15% n’ont pas encore été publiés, selon les informations disponibles à ce jour.

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
05:30 Burkina Faso : 260 000 $ d’amendes générés par la vidéo verbalisation en un mois