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Pourquoi tant de mépris dans les discours des Occidentaux?

Rappelez-vous mars 2020: le Secrétaire Général de l’OMS prédisait pour l’Afrique la plus grande des catastrophes par le COVID. Il imaginait, comme dans un thriller américain, un cimetière à ciel ouvert avec les cadavres jonchant les 30 millions de superficie du continent. C’est à peine s’il ne nous conviait pas à aller prier, par anticipation, pour le repos des milliards d’âmes promises à la morgue.

À sa suite, les responsables politiques européens, avec leur suffisance habituelle, avaient enfoncé le clou: l’hécatombe covidienne, c’est sûr et certain, allait réduire la population africaine déjà suspecte d’être trop nombreuse. Bien sûr, ils ne feront jamais rien pour inverser la tendance. Dans les meilleurs des cas, ils voteront des lois par leurs parlements pour envoyer aux Africains des aides squelettiques dont leurs structures, qui agissent sur place, feront semblant de répercuter les actions. Avec le maximum d’inefficacité.

La résilience inattendue des Africains face à la COVID a désemparé les tenants de ce discours. Cela les a même contrariés. Ne comprenant rien à cette situation qui nie l’apocalypse projetée, ils se sont lancés dans des explications à la périphérie de l’intelligence. Je vous passe les niaiseries allongées dans les éditoriaux de leurs chaines, de leurs journaux et sur les plateaux de leurs télévisions. Ils n’ont jamais manifesté la moindre humilité pour écouter le discours des Africains et surtout des spécialistes locaux des maladies infectieuses.

Ils sont sûrs de leurs sciences, des monologues de leurs savants qu’ils répètent bêtement. Ils ne savent pas, les pauvres, qu’une sagesse populaire de chez nous enseigne: « il est vain de vouloir bêler quand la chèvre est là ».

Aujourd’hui, un autre prétexte s’est gratuitement offert à eux : la guerre en Ukraine. Selon l’ONU, ce confit risque de faire des Africains, des affamés incurables, des mœurs-de-faims dont les intestins se tordront à jamais dans le ventre. Le blé qu’ils exportent de la Russie et de l’Ukraine manquera dans les casseroles des ménages.

Les Africains, pauvres parmi les pauvres, misérables parmi les minables, boiront le calice jusqu’à la lie et demanderont les secours désespérés des Occidentaux qui les gratifieront, ô charité, de quelques stocks charanconnés de leurs réserves.

Mais ces gens ne se rendent pas compte du ridicule dont ils se couvrent.

Comment peut-on s’apitoyer sur le sort d’un peuple quand, pendant des siècles, on a mis toute une machinerie en place pour le détruire, le déshumaniser, piller les ressources de ses terres ? Comment peut-on venir en aide à un peuple qui, à chaque fois qu’on a tenté de le réduire, de lui met mettre la tête sous l’eau, a toujours réussi à s’en sortir, montrant son éternelle résistance ?

Cette « habitude du malheur, a affirmé l’écrivain camerounais, a fait des Africains, des héros de l’histoire du monde ». Il suffit de voir les guerres, les génocides, les tueries massives de toutes formes organisées auxquels ils ont échappé et desquels ils se sont toujours relevés.

Le peuple africain n’a ni besoin de sauveur, ni besoin d’aide encore moins de la pitié des autres. Il s’est toujours sauvé tout seul et se sauvera, qu’importe ceux qui agitent la politique de l’aide pour avoir bonne conscience. Car, dit Kossi Efoui, un auteur togolais : « ceux qui ont pitié des africains sont aussi lâches que ceux qui les méprisent ».

Florent Raoul Couao-Zotti

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