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Patrick Bruel : « J’étais dans un état de peur » lors de la mission confiée par Emmanuel Macron

Patrick Bruel est au cœur de l’actualité depuis sa mise en examen dans une affaire de violences sexuelles, des accusations qu’il conteste fermement. Parallèlement, des interventions publiques passées ressurgissent, notamment une confidence faite en 2025 sur une mission que lui a confiée le président de la République : la lecture d’une lettre de Missak Manouchian au Panthéon le 21 février 2024.

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SOMMAIRE

Invité du podcast Conversations avant la fin du monde de Julia Layani le 31 mars 2025, l’artiste est revenu sur son rapport au trac, malgré plus de quarante ans de carrière. Il expliquait ressentir une appréhension avant chacun de ses concerts, y compris après des représentations en outre-mer — citant un concert récent en Martinique où il se disait « forcément appréhendé » avant de monter sur scène.

Dans cet entretien, Patrick Bruel a distingué deux formes de trac : celle qui pousse à se dépasser quand le travail est fait sérieusement, et celle qui paralyse en l’absence de préparation. Il a repris une formule souvent attribuée à Sarah Bernhardt ou Sacha Guitry et a insisté sur la nécessité du travail préparatoire en lâchant : « Le maître-mot, c’est : ne viens jamais sur scène sans avoir bossé avant. »

La lecture de la lettre de Missak Manouchian demandée par Emmanuel Macron

Patrick Bruel a raconté que le moment de plus grande tension de ces derniers mois n’était pas un concert, mais la lecture qu’on lui avait demandée au Panthéon le 21 février 2024. Selon ses propos, le président Emmanuel Macron lui avait demandé de lire la célèbre lettre que Missak Manouchian avait adressée à son épouse avant son exécution par les nazis.

Le chanteur a précisé connaître particulièrement bien ce texte : il l’avait enregistré sur un de ses albums, placé juste avant une chanson intitulée Au souvenir que nous sommes, un hommage à la Résistance. Malgré cette familiarité, il a décrit l’exercice comme vertigineux, estimant qu’il n’était pas question d’interpréter une chanson personnelle mais de porter une mémoire qui ne lui appartient pas.

Bruel a dit s’être préparé au point de mémoriser presque intégralement la lettre par peur d’une erreur de lecture. Il a raconté les conditions climatiques et protocolaires de la cérémonie : « J’étais place du Panthéon, il y avait une pluie démentielle », un éclairage réduit et une cérémonie conduite selon un protocole strict. Il a relaté être plongé dans l’obscurité quelques secondes avant sa prise de parole, puis seeing la lumière s’allumer au moment exact de sa lecture.

Lors de cette cérémonie nationale, Missak et Mélinée Manouchian ont été introduits au Panthéon, Missak devenant le premier résistant étranger ainsi honoré, quarante-vingts ans après son exécution. Bruel a résumé son état d’esprit par cette formule : « Là, tu peux pas te gaufrer », expliquant que l’erreur n’aurait pas les mêmes conséquences qu’au sein d’un spectacle ordinaire.

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