Parlement sans opposition au Bénin : le gouvernement défend la diversité des idées
À compter du 8 février 2026, l’Assemblée nationale du Bénin entamera sa 10ᵉ législature dans une configuration particulière : seuls les partis de la mouvance présidentielle y seront représentés. Une situation qui alimente les inquiétudes sur la qualité du débat démocratique et le contrôle de l’action gouvernementale.

À l’approche de l’installation de la 10ᵉ législature, l’absence de députés de l’opposition au Parlement suscite des interrogations. Face aux critiques, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, affirme que la diversité des idées sera bien présente au sein de l’Assemblée nationale. S’exprimant devant la presse le vendredi 23 janvier 2026, il estime que l’absence formelle de l’opposition ne signifie pas la fin du pluralisme au Parlement.
« J’ai le sentiment qu’on va avoir de la diversité au sein de ce parlement », a-t-il déclaré.
Les résultats définitifs des élections législatives du 11 janvier 2026, proclamés par la Cour constitutionnelle, ont attribué l’ensemble des 109 sièges aux partis soutenant le président Patrice Talon. L’Union progressiste le Renouveau (UP-R) obtient 60 sièges, tandis que le Bloc républicain (BR) en décroche 49. Aucun député du principal parti d’opposition, Les Démocrates, ne siégera donc au Parlement durant cette nouvelle législature.
Pour le gouvernement, la diversité annoncée repose en partie sur la présence de plusieurs anciens députés de l’opposition désormais membres de la mouvance. Six élus issus de la 9ᵉ législature sous la bannière des Démocrates ont rejoint les listes de l’UP-R et du BR avant le scrutin. Il s’agit de Chantal Adjovi, Léansou Do Régo, Joël Godonou, Dénise Hounmènou, Constant Nahum et Michel François Sodjinou, aujourd’hui reconduits à l’Assemblée nationale.
Wilfried Houngbédji estime que leur engagement passé et leurs positions critiques à l’égard de l’action gouvernementale continueront de nourrir les débats. « J’ai la conviction que ce n’est pas parce qu’ils ont été élus qu’ils vont perdre la substance de leur idéal politique », a-t-il affirmé.
« Les critiques qu’ils ont toujours formulées contre la gouvernance actuelle, ce n’est pas parce qu’ils se retrouvent députés élus sur ces listes que cette sensibilité va disparaître », a-t-il ajouté.
Par ailleurs , il convient de rappeler que le Bénin a déjà connu une Assemblée nationale composée uniquement de députés de la mouvance. Entre 2019 et 2023, l’UP-R et le BR ont occupé la totalité des sièges parlementaires.

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