Ouganda : la famille du roi Oyo conteste son successeur et invoque un fils jusque-là inconnu
La succession du roi Oyo Nyimba tourne au bras de fer au Tooro. Sa mère et sa sœur rejettent le choix d’Edward Rukidi Kijanangoma et affirment qu’un testament désigne un fils du défunt souverain comme héritier.

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La succession du roi Oyo Nyimba a basculé dans un bras de fer royal en Ouganda. Jeudi 10 septembre, la mère et la sœur du défunt souverain du Tooro ont contesté la désignation d’Edward Rukidi Kijanangoma, choisi la veille par le clan royal Babiito, en affirmant qu’un testament de 2022 donne la priorité à un fils biologique du roi.
L’existence de cet enfant, jusque-là inconnue du public, avait été évoquée après la mort d’Oyo le 27 août aux États-Unis. Le Premier ministre du royaume, Calvin Armstrong Rwomiire Akiiki, avait alors annoncé que le monarque laissait derrière lui « un prince comme héritier », sans révéler son identité.
La princesse Ruth Komuntale, sœur unique du roi, a assuré lors d’une conférence de presse que le testament de son frère prévoit qu’un fils légalement reconnu lui succède. Reuters indique avoir consulté la partie du document datée du 14 septembre 2022 qui établit cette condition.
Cette version entre directement en conflit avec la décision du comité de succession du clan Babiito, qui a retenu Edward Rukidi Kijanangoma. Journaliste et présentateur à Uganda Broadcasting Corporation, ce cousin d’Oyo avait été présenté mercredi comme le prochain souverain du Tooro.
Une famille royale qui demande de suspendre la bataille
La reine mère Best Kemigisa a publiquement dénoncé le calendrier de cette désignation, intervenue alors que son fils n’a pas encore été enterré. Dans une déclaration relayée jeudi par le Daily Monitor, elle a demandé que la famille puisse d’abord faire son deuil et que le débat sur la succession reprenne après les funérailles.
Elle a également affirmé que les gardes royaux avaient été retirés du palais et que la famille se trouvait sous une forme d’« assignation à résidence ». Reuters précise qu’un porte-parole de l’armée ougandaise n’avait pas répondu immédiatement à une demande de réaction. Cette accusation reste donc attribuée à la reine mère.
Le dossier est d’autant plus délicat qu’Oyo n’était pas marié et n’avait jamais reconnu publiquement d’enfant. La question de savoir si le fils évoqué peut être reconnu comme héritier au regard des coutumes du Tooro est désormais au cœur du conflit entre la famille du défunt roi et une partie du clan royal.
Un testament au centre des regards
Le Premier ministre du royaume a appelé les différentes parties au calme, estimant que le testament, les coutumes et les règles applicables doivent être examinés de manière crédible avant toute décision définitive. Le Guardian rapporte également que l’identité du fils n’a pas encore été révélée publiquement.
Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV avait accédé au trône en 1995 à l’âge de trois ans, devenant alors le plus jeune monarque régnant au monde. Il est mort à 34 ans après un traitement contre un cancer aux États-Unis. Ses funérailles sont prévues samedi 12 septembre aux tombes royales de Fort Portal, où des milliers de personnes sont attendues.



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