Nigeria : le commandant du NSCDC suspendu après les morts en détention
Le ministre de l’Intérieur a suspendu Suberu Siyaka Aniviye, commandant du NSCDC dans l’État de Niger, après la mort de dizaines de suspects détenus à Minna. Une enquête complète est ouverte, tandis que des manifestations ont éclaté dans la ville.

Le ministre nigérian de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a suspendu vendredi 18 septembre Suberu Siyaka Aniviye, commandant du Nigeria Security and Civil Defence Corps dans l’État de Niger, après la mort de dizaines de suspects détenus à Minna. La mesure restera en vigueur pendant une enquête complète sur les circonstances des décès.
La décision intervient après une nuit de manifestations dans la capitale de l’État. Selon Reuters, des jeunes ont réclamé justice jeudi soir et des véhicules ont été endommagés, avant le déploiement d’un important dispositif de sécurité vendredi matin.
Le bilan communiqué par le gouvernement de l’État de Niger s’établit à 37 morts, chiffre également rapporté par Associated Press. Reuters fait pour sa part état d’au moins 33 décès. Les personnes décédées faisaient partie de suspects arrêtés les 15 et 16 septembre lors d’opérations visant des sites d’exploitation minière illégale autour de Wushishi et Lukoto.
Le commandement local du NSCDC avait d’abord évoqué une possible maladie, mais le siège national du corps a ensuite précisé qu’aucune cause n’était établie avant les examens médicaux et de laboratoire. Un survivant cité par Associated Press a décrit une cellule surchargée et mal ventilée, sans que ce témoignage permette à ce stade de déterminer la cause des décès.
Le NSCDC a constitué une équipe d’enquête chargée d’examiner l’état des suspects au moment de leur arrestation, la durée de leur détention, les conditions de la cellule et les soins médicaux reçus. La police de l’État de Niger mène une enquête distincte. Le ministre de l’Intérieur a demandé que le commandant reste suspendu jusqu’aux conclusions de l’enquête fédérale.
Le gouverneur de l’État de Niger, Mohammed Umaru Bago, a décrété trois jours de deuil et annulé un rassemblement politique prévu samedi à Minna. Les corps ont été transférés à l’hôpital général de Minna pour des examens destinés à établir la cause médicale des décès.



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