Niger, Mali et Burkina Faso annoncent leur retrait conjoint de la CPI

Mali, Burkina Faso et Niger ont annoncé lundi soir leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), qualifiant son action de « répression néocoloniale » et affirmant vouloir restaurer leur « souveraineté ». Les trois États, dirigés par des autorités militaires, ont déclaré que la CPI était devenue incapable de poursuivre les crimes les plus graves, sans détailler les motifs juridiques avancés.

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Dans un communiqué commun, les chefs d’État des trois pays ont déclaré leur intention de mettre en place des « mécanismes endogènes pour la consolidation de la paix et de la justice ». L’information a été rendue publique le 23 septembre 2025 par plusieurs médias internationaux reproduisant le texte diffusé par les autorités concernées.

Les pays du Sahel concernés ont déjà opéré un désengagement notable vis‑à‑vis d’institutions régionales et partenaires internationaux : retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), création d’un bloc alternatif baptisé Alliance des États du Sahel et réduction des coopérations militaires avec les anciennes puissances partenaires.

Contexte sécuritaire, diplomatique et juridique

Les trois États, qui ont connu des coups d’État entre 2020 et 2023, font face à d’importants défis sécuritaires. Les autorités militaires combattent des groupes armés liés à al‑Qaïda, présents sur des portions du territoire et responsables d’attaques contre des postes militaires et des civils. Ce contexte est invoqué par les gouvernements pour justifier des choix politiques et sécuritaires récents.

Sur le plan diplomatique, les gouvernements de Niamey, Ouagadougou et Bamako ont réduit leur coopération avec la France et d’autres partenaires occidentaux, et développé des relations plus étroites avec la Russie, selon le communiqué et des sources médiatiques. Ces réorientations s’inscrivent dans une logique de rupture avec des partenariats hérités de la période post‑indépendance.

Sur le plan judiciaire international, la CPI enquête au Mali depuis 2013 sur des allégations de crimes de guerre dans les régions septentrionales de Gao, Tombouctou et Kidal, alors contrôlées par des groupes armés. Par ailleurs, des organisations de défense des droits de l’homme, dont Human Rights Watch, ont publié des rapports accusant aussi bien des groupes armés que les forces étatiques et leurs partenaires de possibles exactions.

Des experts des Nations unies ont indiqué en avril que des exécutions sommaires présumées de plusieurs dizaines de civils par des forces maliennes pourraient constituer des crimes de guerre, selon les déclarations rendues publiques par les spécialistes onusiens. Les autorités des trois pays n’ont pas précisé comment elles entendraient articuler leurs « mécanismes endogènes » avec les obligations internationales en matière de droits humains.

La procédure de retrait de la CPI prévoit que la décision n’entre en vigueur qu’un an après sa notification au secrétariat général des Nations unies

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